HAЯUN, alias Harun Demiraslan (Trepalium, Step in Fluid) sort son deuxième album solo. Je vous avais parlé de son premier, In Motion, sorti en 2022, qui était un album instrumental, très réussi, qui nous démontrait les talents d’un Harun guitariste et compositeur, talents que nous connaissions déjà grâce à ses autres projets. Mais là, on repart à zéro (Reboot) et on reprend du début, puisque Harun nous propose un album chanté, aux sonorités variées, allant du new wave au metal indus en passant par le grunge ou le metal prog, qui va en surprendre plus d’un.
Première surprise, c’est Harun qui chante tous les morceaux et le bougre se débrouille fort bien, limite agaçant le gars qui sait tout faire. Sur Sleep, par exemple, la mélodie du chant est très sympa, il pousse dans les aigus, je suis surpris d’une telle maitrise. Et je ne suis pas au bout de mes surprises car, si sur In Motion, Harun s’était entouré de cadors (Morgan Berthet, Shob, Mathieu Metzer entre autres), ici il fait tout, tout seul. Et oui c’est possible. Et comme on n’arrête pas cet hyper actif, voilà le clip de Sleep, qu’il a aussi lui-même réalisé:
Harun a toujours été fan de new wave, qu’ici il mélange avec des gros riffs typés indus pour pondre des titres forts attachants comme ce Get Out:
On retrouve des sonorités claviers des metal progeux Danois de Vola dans le morceau qui suit, Lost In The Light, alors que Last Days, ou Motionless tapent plutôt dans le grunge dépressif à la Alice In Chains. On bascule dans du plus pop avec Release Yourself ou la reprise de Shout de Tearsfor Fears qui clôt l’album. Almost Dead serait le morceau le plus metal de la galette, le rythme est rapide, les riffs acérés, le chant alterne refrain énervé et couplets plus new wave.
Au final, Harun régale et réussit le pari de se faire plaisir en nous faisant plaisir. Ce second album solo est encore mixé par Fabien Devaux d’Ousider Studio. C’est un album très personnel, introspectif et spontané qui vous régalera et vous fera tourner la tête tant Harun, sorte de magicien touche-à-tout, arrive à transcender toutes ses influences pour en tirer le meilleur. C’est un poil court, 34mn pour 9 morceaux, dont une reprise, mais je prends quand même.