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Headless
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C H R O N I Q U EVous vous souvenez de Headless, le groupe italien de heavy prog ayant sorti un EP (Future Past en 1996) et l'album Inside You en 1998 avant de se séparer en 2000 ? Non ? Moi non plus. Peu importe, le passé est le passé, et aujourd'hui, tout ce que je sais, c'est que les deux guitaristes Walter Cianciusi et Dario Parente reviennent avec ce Growing Apart pour lequel ils se sont payés les services de deux musiciens renommés : Scott Rockenfield, le batteur de Queensrÿche (qui a dit lequel ?), et Göran Edman chanteur connu pour être passé chez Yngwie Malmsteen, John Norum et bon nombre d'autres groupes (Glory, Brazen Abbott, Street Talk, Vindictiv, Time Requiem, etc...). N'allez pas croire pour autant, à cause des invités présents, que ce disque va vous proposer un mix de Queensrÿche et de Malmsteen. Ce sont bien les guitaristes qui tiennent les rênes et leur style, pas si facile à définir en passant d'une piste à l'autre, s'apparente plus à une sorte de rock, parfois hard (et même un peu heavy), parfois plus FM ou AOR, avec quelques touches progressives ici et là. Cependant, cela n'exclut tout de même pas quelques petites influences, et si ces messieurs ont choisi d'avoir Scott Rockenfield derrière les fûts, ce n'est pas pour rien. Ainsi, on peut tout de même sentir un peu de Queensrÿche (pas celui des débuts mais plutôt celui de Hear In The Now Frontier ou Tribe) à de rares endroits comme sur Calf Love, sur laquelle on notera aussi des harmonies qui sonnent très Beatles, ou sur No Happy Ending, mais ce sera bien tout. Göran Edman nous livre une belle performance, sa voix colle bien aux compos de Cianciusi et Parente et reste (malgré les années qui passent) assez belle et claire. J'aime moins quand il s'essaie à un registre un peu plus moderne ou agressif comme sur Be Myself mais c'est bien la seule chanson sur laquelle il ne m'a pas convaincu. J'apprécie plus sa face sensible et mélodique comme sur la très belle et acoustique As Tears Go By, compo (fidèlement reprise) empruntée aux Rolling Stones. A part ça, on trouve de bonnes choses sur ce Growing Apart et même si pas mal de morceaux ne sont pas forcément renversants à la première écoute, il y a quelques hits efficaces et immédiats à se mettre sous la dent comme Sink Deep In A Fairy Tale au refrain, souligné par des choeurs FM typiques, bien troussé, ou l'énergique God Of Sorrow And Grief qui ouvre l'album. Il y a du bon hard rock mélodique efficace avec Nero Fantasies, des choses un peu plus sombres ou expérimentales (Be Myself), des morceaux aux teintes pop-rock prog qui peuvent parfois évoquer Flying Colors... Les musiciens et notamment les deux guitaristes font du bon boulot. On sent la volonté du duo fondateur de proposer des chansons et non des morceaux prétextes à de la démonstration... ce qui ne veut pas dire que ce disque est dénué de technique, non, c'est juste que Cianciusi et Parente savent se mettre au service d'un morceau et faire preuve de discrétion et de sobriété quand il le faut. Au final, ce Growing Apart n'est pas forcément l'album auquel je m'attendais. Il ne m'a pas mis une grosse claque d'entrée, et il m'a fallu plusieurs écoutes pour en saisir les subtilités et pour que je finisse par m'y attacher. Sans être époustouflant, il est intéressant et possède suffisamment de qualités et de mélodies enjôleuses pour séduire si on lui laisse le temps de faire son effet. Le jeu de Rockenfield est reconnaissable (l'intro de Primetime, le début de Be Myself) et le chant de Göran Edman est toujours aussi plaisant... tout comme cet album. Evidemment, l'ensemble n'est pas très metal mais ce n'est pas une tare, n'est-ce pas ?
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