Heavy Duty

Artiste/Groupe

Heavy Duty

CD

Built To Resist Vol. 1

Date de sortie

Avril 2014

Label

Send The Wood Music

Style

In-your-face metal

Chroniqueur

Didier

Note Didier

15/20

Site Officiel Artiste

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C H R O N I Q U E

J’ai découvert Heavy Duty, groupe pourtant phare de la scène metal varoise, par hasard. Ils ouvraient pour les Sticky Boys à Luynes, et je tombais sous le charme quasi instantanément de la voix et la présence scénique de Ivan, le chanteur du groupe. Le son de groupe, et de cette voix, fait immédiatement penser à Stone Sour et à Corey Taylor. Plutôt une belle référence qu'ils assument totalement dans l'interview qu'ils nous ont accordée lors de leur passage au Volume, à Nice. Autour d'Ivan, on trouve une section rythmique expérimentée (comprenez des mecs qui ont plus de quarante-cinq balais, qui ont roulé leur bosse dans pas mal de formations et ne se font aucune illusion sur la difficile vie dans le music business). On trouve Alain et Chris, le noyau dur et fondateur du groupe, respectivement guitare et batterie, et Olivier à la basse. A noter que Chris est aussi le producteur de l'album, quand il n'écrit pas dans la presse moto tout terrain. Ce troisième album fait suite à Second Coming, sorti en 2012. Autre détail important, Ivan et Olivier ne sont apparus dans le groupe que sur ce second album, et le premier album du combo (What I've Been Through - 2010) avait été enregistré avec Michaëlle au chant (et son mari Vincent à la basse). Changement radical au mic, donc ! Chris donne pas mal de détails sur le changement dans son interview ; mais depuis 2012, le line up est stable, et même une totale osmose s'est installée. Et ça s'entend ! En effet, si la moitié des morceaux de Second Coming avaient été écrits sans Ivan, ce troisième album est entièrement composé par l'équipe en place. Les compos sont archi soignées, avec des refrains très accrocheurs. Ivan maîtrise totalement son chant, entre Phil Anselmo (beuglantes) et Corey Taylor (puissance, mélodie), il chante dans un anglais parfait, sans une seule pointe d'accent, c'est assez rare pour être souligné. Au final, le style global est plus proche, il me semble, de Stone Sour ou Five Finger Death Punch, que de Pantera, pour donner un in-your-face metal, comme ils aiment à le définir, fort réussi. D'ailleurs, il est amusant de voir qu'ils sortent aujourd'hui ce premier volume de leur album, comme leurs deux aînés (en terme de carrière) américains. Par contre, on ne peut rester qu'admiratif devant la démarche ambitieuse, car on est loin de la grosse artillerie marketing des deux groupes américains. Car ici c'est Toulon, France, et les mecs en chient des ronds de chapeau depuis plus de vingt ans. Je sais, c'est cruel.

Plus en détails maintenant. L'album ouvre sur une intro, Overture, que j'aime beaucoup. Ils l'utilisent d'ailleurs pour rentrer sur scène. Ambiance mélancolique, piano à la Linkin Park, et la voix d'Ivan, triste et posée, mais prête à exploser. Ca tombe bien justement puisque, le titre suivant, Wearing A Smile est enchaîné, et c'est un premier brise-nuque. Tout y est réussi : le refrain mélodique, le couplet violent, les hurlements, les gros mots. C'est un démarrage en trombe, d'autant que Alain y pose un super solo de guitare. Bien ! Mon seul petit regret est que la basse d'Olivier est très en retrait et on entend à peine les montées de manche sympa qu'il fait sur le morceau, et que j'ai pu tester en live. Le top, c'est que le morceau suivant c'est comme une seconde lame. I Want More est le "hit" de l'album, sans conteste possible. Alain nous balance un riff magistral, Chris sort la double, le refrain est super accrocheur, Alain et Olivier appuient Ivan par de bon chœurs. Mon tout est une tuerie, qu'il faut aller voir en live pour comprendre la réputation live du groupe. Pas le temps de trop se masser les cervicales, car 100,000 Times (notez les virgules à l’anglo-saxonne du titre - Heavy Duty soigne les moindres détails) est aussi basé sur un bon gros riff et un refrain accrocheur, une sorte de formule magique. Le morceau est plus lourd et le break encore plus pesant, l'utilisation de la wah-wah par Alain sur son solo est du meilleur effet.

Après cette entame en trombe, on ne s'ennuie jamais dans cet album, qui ne donne jamais la sensation de remplissage qu'on aurait pu suspecter dans un album à deux volumes. On trouve Everything You're Not, dans lequel Ivan semble cracher une rage qu'on ne peut réserver qu'à une ex (je dis ça, je dis rien...), où Alain dégaine encore la wah-wah et Chris assure un gros boulot à la Motörhead. Ivan démontre ses talents de chanteur dans Complete, au riff hyper lourdingue et jouissif. Il sait tout faire avec sa voix, clairement c'est un monstre. Allez le voir sur scène si vous êtes cap' ! Le morceau nous livre aussi un break "special live", juste avant un bon solo d'Alain.

L'album se termine par deux morceaux intéressants, pour des raisons différentes. Built To Resist Pt.1, au riff lent et lourd à la Black Sabbath, où Ivan chante (mieux qu'Ozzy) un peu à la James Hetfield et où on entend un peu plus Olivier et sa cinq cordes. J'aime bien le break lent (qui sonne presque comme du Pearl Jam), qui prouve que les bons breaks ne sont pas obligatoirement dangereux pour les cervicales, et j'aime aussi beaucoup le solo final d'Alain, très inspiré et vintage. Dommage qu'il le termine en fade out (j'aime pas les fade out !). Le dernière surprise de l'album est une belle ballade, No Tomorrow. Ivan y chante superbement bien, sans aucun artefact, avec juste Alain sur une guitare acoustique (arpèges à la Scorpions) et un joli violoncelle qui vient ajouter une note supplémentaire de mélancolie (et j'adore le violoncelle).

Vous l'aurez compris, les galériens de Heavy Duty méritent toute votre attention. N'attendez pas qu'ils jettent l'éponge pour leur donner une chance. D'ailleurs, vous pourriez attendre longtemps, ils sont "built to resist", et pas prêts de lâcher l'affaire. On se dit en les écoutant qu'ils n'ont pas de bol, et auraient pu être de Des Moines, Iowa, mais que non, ils sont bien de Toulon, France, où la qualité de vie est certainement meilleure qu'en Iowa. Courage les mecs, et vivement le Vol.2 (avec un peu plus de basse ?) !

Tracklist de Built To Resist Vol. 1 :

01. Ouverture
02. Wearing A Smile
03. I Want More
04. 100,000 Times
05. Everything You're Not
06. Complete
07. Our Generation
08. Waste & Wait
09. Built To Resist Part 1
10. No Tomorrow

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