Il m’en aura fallu du temps pour venir à bout de
cet album gargantuesque et pour être, enfin, capable d’en proposer une chronique qui lui
rende l’hommage qu’il mérite. Quelques semaines, des mois même,
d’écoutes répétées pour saisir tout ce que le groupe met ici en son,
pour être capable d’appréhender l’œuvre dans son entièreté,
comme une entité cohérente, capable d’en saisir toutes les nuances, les
détails et les subtilités. Rien n’est simple ici, on nous parle de death metal mais
ce qui nous est proposé va tellement plus loin.
L’album est complexe, son accès est difficile tant
les titres qui le composent sont hétérogènes, tous très forts, uniques, et
pourtant tellement complémentaires. Les morceaux sont complexes dans leurs structures atypiques,
dans leur évolution toujours imprévisible, et enfin les sentiments qui nous envahissent
à l’écoute de cette grande œuvre sont complexes, nombreux, contradictoires
parfois.
Du bouillonnant Neon Leviathan au délicieux
instrumental cosmico-jazzy Aurora Neoterica en passant par la troublante mélancolie
de Preterition Hymns et son final bouleversant, Horrendous nous fait passer
par une palette d’émotions aussi extrêmes que diverses, inattendues et
variées. Le groupe parvient même à faire cohabiter tout cela dans les sept minutes
et seize secondes du sublime Chrysopoeia (The Archaeology Of Dawn) et son architecture
vertigineuse, tout s’enchaîne alors avec une effarante fluidité, c’est limpide,
c’est beau, colérique, nerveux, éthéré.
Armés d’un (très) solide bagage technique,
les musiciens ont le bon goût de mettre leur compétences au service de leur musique,
démarche artistique qui m’évoque immédiatement l’indépassable
travail d’écriture du géant Schuldiner et sa discographie sans failles. Point de
démonstration ici si ce n’est celle du talent pur servant le riff qui tue, le break
inattendu, la mélodie fatale.
Horrendous, qui semble prendre le relais du Atheist des très grandes heures, sa fougue, sa virtuosité,
sa créativité rafraîchissante pour emmener sa musique bien au-delà des
limites que peuvent imposer le death metal, signe avec Ontological Mysterium un somptueux et
classieux album de death metal progressif, ce genre d’opus sans équivalent qui marque son
temps et fait avancer les choses.
Tracklist Ontological Mysterium :
01. The Blaze 02. Chrysopoeia (The Archaeology of Dawn) 03. Neon
Leviathan 04. Aurora Neoterica 05. Preterition Hymn 06. Cult of
Shaad’oah 07. Exeg(en)esis 08. Ontological Mysterium 09.
The Death Knell Ringeth