|
||||||||||||||||||
Huntress
|
C H R O N I Q U EL'année dernière sortait Spell Eater, le premier album des Américains de Huntress, groupe qui avait créé le buzz (en mélangeant sorcellerie et sexualité avec une promo en partie axée sur le physique de sa chanteuse, Jill Janus) mais n'avait pas pour autant fait l'unanimité. Loin d'être mauvais, ce premier essai, oeuvrant dans un heavy metal dark et mystique (à mi-chemin entre Judas Priest et Mercyful Fate), présentait un certain nombre de qualités mais manquait parfois un peu d'accroche, de riffs ou mélodies mémorables. Des débuts intéressants donc, à défaut d'être foudroyants. Le cap du deuxième album s'annonce décisif : Huntress va-t-il faire perdurer l'attention créée en 2012, mais pour de bonnes raisons, en proposant un album plus réussi que le précédent ou va-t-il simplement décevoir en ne confirmant pas le potentiel perçu lors de ses débuts et devoir affronter l'indifférence d'un monde sans pitié ? Je ne suis pas devin et ne peux donc évidemment pas prédire ce qu'il adviendra de ce groupe mais après écoute de ce Starbound Beast, je pencherai sans hésiter en faveur de la première option. Et pourtant, ça ne partait pas si bien (ni si mal), avec I Want To Fuck You To Death, premier extrait livré sur la page facebook du groupe depuis un peu plus d'un mois. En effet, on refait le buzz en annonçant que la chanson a été co-écrite par monsieur Lemmy Kilmister (rien que ça !) et en utilisant un titre bien racoleur. Le souci, en ce qui me concerne, est que la compo ne casse pas des briques et ne tient donc pas toutes ses promesses. Sympathique, elle s'écoute sans mal mais ne m'a pas rendu impatient de découvrir la suite de l'album pour autant. Bien heureusement, Starbound Beast vaut plus que cela et montre un groupe qui a progressé depuis Spell Eater. Stylistiquement, ce nouvel opus est très proche de son prédécesseur... à quelques nuances près. Les Californiens ont davantage creusé le sillon old-school cher à leur style. Les influences 80's sont toujours présentes mais cette fois-ci on sent qu'une attention plus importante a été consacrée à l'élaboration de chansons aux riffs, breaks ou mélodies plus marquants. Ainsi, les premiers morceaux (de Blood Sisters jusqu'à la chanson titre) jouent sur un registre plutôt mid-tempo et un peu moins hargneux que celui déployé sur l'album sorti l'année dernière. Le heavy classique règne en maître (on sent même une petite influence Maiden de temps en temps, comme sur l'intro de Destroy Your Life) et les aspects un peu plus thrash décelables sur Spell Eater semblent avoir été mis en sourdine. Même remarque pour le chant. Janus conserve cette voix puissante, rauque et ce coffre appréciable qui la distingue de beaucoup de ses "concurrentes" mais elle semble moins déterminée à nous montrer systématiquement l'étendue de son registre vocal. En résumé, sans se compromettre et en restant 100% metal, Huntress a travaillé de sorte à ce que sa musique soit plus accrocheuse. La deuxième moitié du disque montre quand même un combo qui sait accélerer le tempo avec quelques titres plus enlevés (l'excellente Zenith, Oracle et Receiver sont bien efficaces) sans rien sacrifier à la mélodie et à l'atmosphère mystique de l'ensemble. Mais là où le groupe s'en sort particulièrement bien, c'est sur les deux dernières chansons : Spectra Spectral (aux harmonies de guitares et au refrain bien catchy) et surtout Alpha Tauri qui propose en milieu de parcours un break planant, mélodique, très 70's et particulièrement envoûtant. Cette compo se détache des autres car elle présente une nouvelle facette de Huntress et apporte donc une petite touche inédite bienvenue. De plus, alors que l'impact de Spell Eater s'amenuisait légèrement en fin de parcours, l'attention de l'auditeur que je suis est captée (grâce à ces deux dernières pistes) jusqu'aux derniers instants de la conclusion de ce Starbound Beast. Les débuts étaient prometteurs mais on attendait mieux... et c'est chose faite avec ce deuxième album. En concentrant ses efforts sur l'écriture de compos plus catchy, Huntress signe un disque certes classique dans son propos mais très solide, sans remplissage, et qui ne manque pas de charme. Et avec tout ça, j'ai oublié de dire que la production était absolument impeccable. A l'écoute de Starbound Beast, les détracteurs du groupe seront bien obligés de reconnaître que Huntress a des choses à dire et vaut mieux que son image sulfureuse. Pour l'album de l'année, vous repasserez mais pour quarante-cinq minutes de heavy metal old-school bien balancé et servie par une chanteuse qui a du chien, vous avez frappé à la bonne porte !
Tracklist de Starbound Beast : 01. Enter The Exosphere Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
|||||||||||||||||