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Ichor
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C H R O N I Q U E
Le death metal, c’est un peu l’autoroute A6 lors du premier week end du mois d’août, c’est complètement bouché. Le nombre de sorties est tellement important que pour se démarquer de la masse, il faut sacrément travailler. Ou alors, trouver une idée géniale qui va révolutionner le genre. Bref, c’est pas gagné. Alors, quand on est un jeune groupe allemand et que l’on souhaite aller se dorer la pilule sur la côte d’azur, mieux vaut s’accrocher aux branches dès le début. Et pour leur deuxième album, Benthic Horizon, les teutons d’Ichor ont mis les saucisses dans la choucroute en s’offrant le Hertz Studio, qui a vu défiler la fine fleur du death polonais. Pourtant, à part quelques vagues ressemblances, l’allusion aux pays de l’est s’arrête là. Car Ichor a plutôt biberonné du côté des Etats-Unis, notamment Suffocation. Si la production est donc à la hauteur de l’enjeu, reste à savoir si le contenu déchire, pour parler le jeune. Et effectivement, Benthic Horizon déchire, mais pas en totalité et c’est bien dommage. Car cet album est bancal, se balançant entre l’excellent et le passe-partout. En effet, les membres d’Ichor, en tant que jeunes fans de death, ont été influencés par le deathcore et, malheureusement, ce n’est pas ce qu’ils font de mieux. Oh, je n’ai rien contre ce style qui a eu son heure de gloire. Mais les plans sont éculés. Les breakdowns, tout le monde en a fait et franchement, stop. Alors des morceaux comme More Victims, The Wreckage ou The Depth Within ne présentent aucun intérêt, à part bastonner l’auditeur qui aura la nette impression d’avoir entendu ça quelque part. Mais passées ces fautes de goût (et encore, c’est peut être moi qui fait une overdose), Ichor met une bonne claque. Le pilonnage est certes systématique, mais les guitares, très sauvages, savent sortir des sentiers battus et offrir des solos inspirés, voire aériens (Possessor Of Soil) ou dissonants (Among The Swarm). Ichor maitrise dès lors parfaitement son sujet et les morceaux défilent avec plaisir. The Gorgon et The Deepest Blue Is Black sont des bombes death dont on se délecte sans compter. Energique, brutal, Benthic Horizon ouvre la brèche à un death inspiré, qui devrait être la clé de voûte des prochaines productions. Le tout avec une pochette qui ne trompe pas sur la marchandise. Ichor démontre rend donc une belle copie, pleine de maturité, quoiqu’inégal dans sa démarche. Mais pour les amateurs de lourdeur et de férocité, Benthic Horizon est un achat recommandé. Un groupe qui a de l’avenir, peut-être plus que d’autres.
Tracklist de Benthic Horizon : 01. The Gorgon Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
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