C H R O N I Q U E
Il aura fallu trois ans à Isis pour écrire la suite de l'incroyable « In The Absence of Truth », qui avait définitivement hissé le groupe au rang de grand ponte du Post-core. Dans l'euphorie j'avais même annoncé que Neurosis n'avait qu'à bien se tenir. Je fus d'ailleurs rapidement puni de mon absence de foi quelques mois plus tard par les maitres éternels du genre (J'ai péché ! J'expie ! Aïe ! J'ai péché ! J'expie ! Aïe !). Mais il n'est nullement question de bouder notre plaisir, car pour tout fan de Post-core qui se respecte, un album d'Isis est toujours un petit événement.
Isis, comme à son habitude, nous propose un petit nombre de titre, mais pour un album qui approche bien sur l'heure de musique. On notera la présence de guest sur cet album. Chose inhabituelle chez le combo. Et chez Isis on aime le travail bien fait, donc on ne se mouche pas du coude et on invite Adam Jones, le batteur de Tool (le jeu est de savoir sur quels morceaux). « Hall of the Dead » ouvre le bal, le morceau repose les bases du concept même d'Isis. Des mélodies très aériennes, agrémentées d'une douce voix claire, et des passages plus agressifs et directs cette fois-ci accompagnés de lignes vocales écorchées. Rien de révolutionnaire, mais titre néanmoins réussi. Les amateurs de « Oceanic » seront aux anges.
Il s'ensuit « Ghost Key », et dès ce titre on commence quelque peu à tiquer. Le titre n'est nullement raté, car il est dans la même veine que le précédent, mais un peu trop pour être honnête. Il semblerait qu'Isis nous ressorte la sauce qui a fait son succès et lui a permis de se hisser au dessus de la mêlée. « Hand of the Host » arrive et là c'est carrément la soupe à la grimace, car on repart encore dans le même schéma.
Ce n'est pas l'intermède « Wavering Radiant » qui semble tout droit sorti d'un album de Sunn O))), qui changera la donne, tant le constat cité plus haut continue au fil des minutes. Isis nous fait le coup habituel du aérien/vaporeux suivi des growls agressifs, ou alors l'inverse, histoire de changer.
On pourrait croire que je me fais un peu l'avocat du diable, car cette recette est sans nul doute celle qui caractérise le groupe et forme cette identité qui n'appartient qu'à Isis. Mais après une telle réussite que « In The Absence of Truth », « Wavering Radiant » laisse un goût très amer. Ce genre de galette ressemble à celle que l'on nous sert lorsqu'un groupe cherche à reconquérir son public avec un minimum de prise de risque (James et Lars c'est pas de vous qu'on parle ! Ouais ouais c'est ça, Seek & Destroy les gars !). Isis aurait-il atteint ses limites ?
Le constat est clair ! Isis n'a pas réussi à confirmer la qualité et la progression de sa discographie, et même si « Wavering Radiant » possède de nombreuses qualités que bon nombre de groupes du genre rêveraient d'avoir, cet album est une régression. La suite nous dira si Isis s'est permis un album en roue libre ou si le combo aura eu son moment de grâce le temps d'un disque. Wait & See...
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