C H R O N I Q U E
Ah que de souvenirs que le précédent essai de ces sympathiques doomers finlandais ! Bliss Of Solitude avait créé un émoi certain auprès des fans du genre parmi les genres, avec son lyrisme lumineux et son chant clair qui fout la chair de poule il y a tout juste un an. Et hop, même pas le temps de se remettre du disque de Dieu le père du doom j'ai nommé Leif Eidling qu'Isole revient nous conter un concept album qui se jouera en plusieurs volumes dont voici le premier.
La production a évolué et sied enfin parfaitement à la musique proposée, claire, puissante, carrée. C'est From The Dark qui ouvre donc les hostilités. Premier constat, la musique est plus riche, plus complète, moins froide. On se sent presque en territoire vaguement balisé, presque en sécurité. Des blasts et des accélérations fondent sur nous, le chant est plus... plus solennel, plus imposant que précédemment. Ce moment de 11 minutes, pour se le représenter, il faut imaginer Enslaved et Opeth qui se tapent dessus. D'un côté le lyrisme et la brutalité et de l'autre le poétique et la violence. Très complémentaire. Un petit clavier vient plomber un peu plus une ambiance moins lumineuse mais pas totalement noire.
Voici un album plutôt bien lancé et qui attire. Forlorn rampe, n'assume pas totalement sa nature de pièce lente et froide et balance des choeurs qui sentent bon le passé. Nightfall nous balance une sérénité et une brusque plongée dans les abysses à la manière du regretté maître Celtic Frost version 2006. Dommage que cela soit un peu trop téléphoné et attendu... Hollow Shrines reprend des accents Enslaved le temps d'une rythmique alternant le superbe et le pateau. L'ombre de Paradise Lost vient planer ci et là, mais c'est bien en Finlande que nous sommes. Soulscarred nous offre l'une des plus pauses en plein milieu d'un morceau qu'on ait entendue depuis longtemps, acoustique de rigueur et ambiance intimiste de toute beauté à l'appui. Peccatum est une pose stylée a la manière des très grands, chant émouvant et accés de morbide froid en plus. Enfin, ce premier chapitre se referme sur un autre morceau de 11 minutes, alter égo de From The Dark. Pièce riche et
puissante, complète et quasi parfaite, elle referme a la perfection un livre qui promet d'être passionnant.
Que retenir de ce premier tome ? Il est passionnant par moments (au début et à la fin), parfois monotone, parfois linéaire, très juste dans sa production, judicieux dans ses évolutions stylistiques par rapport à son passé récent et au final constitue l'entame d'un truc qui s'annonce assez énorme, pour peu que la suite soit plus variée et plus... originale ? On attends la suite avec impatience !
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