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C H R O N I Q U E
Aujourd’hui nous allons nous plonger dans une œuvre particulière, un OVNI musical et la plongée en vaut le détour !
L'album commence (To Bury) comme un vieux film de SF un peu daté maintenant, on s'imagine une créature flasque d'origine extraterrestre ou sous-terraine sortie tout droit de l'imaginaire des années 70, et justement cet album psychédélique n'est pas sans rappeler ces années-là qui sont celles de l'acid rock. La voix est particulière, à la fois très claire avec un petit côté pop mais avec un chant pour le moins particulier, un façon de chanter plus grave, majestueuse et plus mystérieuse.
On continue (The Places You Walk) dans un univers qui sonne américain, qu'on verrait bien originaire du désert où la scène est si particulière. La voie est encore un peu plus pop et c'est de plus en plus déconcertant sur une musique un peu doom, un peu psyché, un peu classic rock, un peu on ne sait trop quoi mais au final, une musique et un groupe qui a sa propre identité, on en est sûr !
Les effets sont utilisés tels les effets spéciaux dans les vieux films de SF : un peu à tort et à travers, tout le temps, mais ça donne une ambiance complètement surréaliste à l'œuvre.
La base rythmique est simple mais efficace, le jeu de guitares peu répétitif pour une musique marquée par le doom, on a des notes de temps en temps très distordues qui font immédiatement penser à certains groupes du désert tel Yawning Man.
On continue notre périple (The Divide) au cœur d'une végétation hostile qui se réveille peu à peu, se fait agressive, semble vouloir en découdre avec l'auditeur. La batterie fait sa grande apparition, elle marque littéralement l'espace musical et elle ne masque que difficilement un espèce de son qui s'apparente à de la pluie, des bruits de serpents, bref des évènements pas forcément heureux quand on est perdu dans la nature. La voix qui s'élève évoque une prière sacrée aux cieux, aux esprits, aux dieux, à tout ce qui peut nous sortir de là. On a de la force dans ce chant, on y met ses tripes et cela sonne comme une plainte émouvante, une mélodie céleste... mais elle ne dissipe pas les ténèbres, ne vient pas à bout des dangers tout de suite, la nature va pousser le chant dans ses retranchements, lui obliger à tout donner. La lutte est longue et pesante, mais c'est un délice pour nos oreilles.
C'est le retour (Into a Sleep) de la vie, la fin des craintes, la voix est angélique, innocente, cristalline telle l'eau qu'on imagine découverte... l'expédition ne va pas prendre fin ici, on peut continuer le périple mais d'abord, remercions. Le chant est sincère, magnifique, la musique légère et les sons très typés stoner. Parfois dissonant, le son peut sembler tout à coup approximatif, on ne saurait trop dire, mais l'effet est là : on est transporté loin, très loin...
Si loin (And the River Ran Dry) que le son n'est plus... ah si, il existe mais il faut tendre l'oreille... la mélodie est envoûtante, on la suit, on l'entend de plus en plus, on va toucher au but... quel but ? on ne sait plus mais on suit... puis tout s'arrête !
C'est la fin (Keep Your Weeds), on est convié au concert des anges, mais quelque chose d'inquiétant se dégage du chant... on n'est pas au bout de nos surprises ! On attend, on se délecte de ce chant peut-être fugace mais qui semble intemporel... C'est magnifique et c'est bien tout ce qu'on demande pour le moment. Un grincement d'ampli nous rappelle qu'on est face à un cd mais la magie a opéré, alors on est heureux !
Le son se fait alors beaucoup plus chtonien (Ehjä), beaucoup plus minéral même, une onde qui se propage dans de la matière, beaucoup de matière... jusqu'à la voix qui perd de son côté angélique pour revenir à une position plus intermédiaire entre le ciel et la terre. La musique gagne en puissance sur ce morceau qui est probablement le meilleur de cet album ! On regrettera des intonations de voix un peu trop pop par moment sur une musique qui est à des antipodes de cela. Vers la fin du morceau, on est carrément plongé dans une sixième, septième, on-ne-sait-combien-t-ième dimension, la voix se fait grinçante, métallique et l'ambiance inquiétante. Décidément, on n'est pas au bout de nos surprises !
On est plongé dans du pur doom metal d'un coup (The Four Of Us Are Dying). On headbangue, on ferme les yeux, on reprend pied dans ce qu'on connait, qu'on maîtrise. La voix a un côté gothique d'un coup, ou plutôt néo-gothique, ce qui à mon avis gâche le morceau, lui donnant une aura un peu trop juvénile.
Dernière musique (Psyar) qu'on espère meilleure que la précédente. Le début n'est pas très enchantant mais le morceau gagne en lyrisme, en profondeur, en musicalité par la suite pour couronner cet album qui est une réussite à mes yeux. La fin complètement barrée et acid rock de cette dernière musique ne me contredira pas !
Bref, un très bon album à écouter, un verre de bourbon à la main, au soleil, les yeux fermés... et on se laisse transporter !
Membres:
Danny Gonzalez à la basse Matt Jacobs et Brandon Newhouse aux guitares Jex Thoth au chant Nick Johnson à la batterie
Tracklist de Blood Moon Rise:
1. To Bury 2. The Places You Walk 3. The Divide 4. Into A Sleep 5. And the River Ran Dry 6. Keep Your Weeds 7. Ehjä 8. The Four of Us Are Dying 9. Psyar
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