C H R O N I Q U E
Sujet de dissertation : peut on taper sur un groupe parce qu'il est jeune ?
Dans 90 % des cas, c'est prouvé. Les anciens le font peut être de manière moins rapide mais ils le font mieux. Il n'y a que quelques rares talents pour prétendre a une place sur un trône quelconque, peu importe le genre pratiqué. La théorie se vérifie presque a chaque fois. Presque ? Oui, et là au moment où vous pensez que l'exception va forcément se nommer Job For A Cowboy, je vous prends a revers et cogne : ce groupe ne fera pas mentir les statistiques. Forts d'un premier album intéressant sans être révolutionnaire, voici revenir les américains dans un style qui s'est affiné avec le temps : le brutal death. Le côté brutal primant sur le Death, bien entendu.
Donc, Job... propose avec Ruination une vision très simpliste du Brutal Death qu'ils doivent penser ultime. C'est vrai, le chant est dégueulé, c'est du surguttural, c'est prit de spasmes pas toujours contrôlés. Vrai aussi que la double est là, que les riffs sont de l'ancienne école, et que chaque seconde équivaut a un coup de massue sur les petits copains à mèches qui mettent des mélodies partout. Et vous le sentez venir, voici le 'mais' de rigueur. Pourquoi un mais ?
Parce que. D'abord, c'est incroyablement bordélique. Ils ne veulent pas de structures ? Ok, on respecte le choix, mais du coup impossible de s'accrocher a quoique ce soit. Pas de riff hypnotique, pas de petit truc qui vient aérer le tout, pas d'inspiration géniale qui sauve le groupe de la caricature. Non, ce disque est beaucoup trop tourné vers l'excès de violence pour réussir quoique ce soit. Les compositions qui équivalent au début à une bonne série de tonneaux vécus au ralentit (avec tout ce qui est autour de nous qui vole un peu partout dans tout les sens), et qui au final présentent une belle envie, finissent pas sonner dans le vide. Et du coup l'intérêt tout relatif de pomper Morbid Angel & Co. pendant 10 trop longs titres fini par vous convaincre d'aller voir chez Asphyx si l'herbe n'y est pas plus carbonisée.
Vous l'aurez compris, ce groupe va séduire beaucoup de gens, être encensé par la critique mondiale métallique, et pourquoi pas prétendre à devenir une nouvelle référence. Mais ne vous y laissez pas prendre. Pas fonciérement mauvais, totalement dénué de génie. Panurge a encore frappé.
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