C H R O N I Q U E
Mais que fait donc un album de blues-rock dans les pages d'un webzine metal me demanderez-vous ? Rappelons juste que les
origines du hard-rock sont tout d'abord puisées dans le rock et surtout dans le blues... Les solos bluesy d'Angus Young et
les compos d'AC/DC sont bien là pour le prouver.
Quelle lacune culturelle et musicale de ne pas s'être intéressé à Joe Bonamassa avant son 9ème album ! Une petite
présentation de ce guitariste de génie s'impose : Joe Bonamassa est un guitariste américain qui a débuté la guitare à 4
ans et qui a été bercé par Stevie Ray Vaughan, Duke Robillard, Eric Clapton, Robben Ford etc... Son premier album "A New
Day Yesterday" est sorti en 2000 et en ce début d'année 2009 arrive son 9ème opus : "The Ballad Of John Henry".
Au niveau du style, Joe, doté d'un feeling surnaturel, officie dans un blues moderne et racé, exécutant souvent de gros
riffs à la frontière du hard-rock. Si vous aimez Kenny Wayne Shepherd, Pat McManus, Gary Moore, vous adorerez forcément
Bonamassa.
L'album commence par "The Ballad Of John Henry", une composition très accrocheuse basée sur la répétition d'un gros riff
rappelant un peu le style de Led Zeppelin. La production est excellente.
Puis c'est au tour de la reprise "Stop!" de Greg Sutton ; toujours à la frontière entre le hard-rock et le blues, la voix
de Joe est divine, grave, bluesy, bourrée de feelings et c'est sans parler du toucher de guitare à donner la chair de
poule.
"Last Kiss" rappelle un peu le style blues/country de Mark Knopfler développé à partir de l'album "On Every Street". A de
nombreuses reprises sur cet album, des connotations des Notting Hillbillies sont perceptibles.
Sur la reprise du "Jockey full of bourbon" de Tom Waits, l'ambiance est au saloon : piano de saloon, violons ; ambiance
tamisée rock/blues/country/hard-rock parfaite pour consommer du whiskey.
"Story of a Quarryman" vire carrément dans le hard-rock : gros riffs, voix plus pêchue... Typiquement, le morceau pendant
lequel on prend conscience que l'origine de la musique du groupe anglais THUNDER vient du blues. La voix de Joe ressemble
d'ailleurs étonnament à celle de Danny Bowes.
Retour au blues jovial et entrainant sur "Lonesome road blues", place à une mélodie magnifique limite ballade sur "Happier
times", passages funky sur "Funkier than a mosquito's tweeter" etc...
Vous l'aurez compris, "The Ballad Of John Henry" est l'occasion pour ceux qui ne connaissaient pas Joe Bonamassa de le
découvrir. Quand vous aurez entendu cet album, l'urgence se fera sentir d'acquérir sa discographie intégrale.
Bref, un artiste capable de réunir le public de Mark Knopfler, d'Eric Clapton ; celui de Kenny Wayne Shepherd, de Gary
Moore ; celui d'AC/DC, de Thunder, de Koritni... Rendez-vous tous à l'Olympia le 23 novembre 2009 !
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