John Bassett

Artiste/Groupe

John Bassett

CD

Unearth

Date de sortie

Mars 2014

Label

Stereohead Records

Style

Rock Progressif - Folk Psychédélique

Chroniqueur

dominique

Note dominique

17/20

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C H R O N I Q U E

L’annonce de la sortie du premier album solo de John Bassett, le leader du groupe de Hastings les KingBathmat, avait réveillé en moi l’heureux souvenir de la découverte du dernier album du groupe, Overcoming The Monster, qui avait été une révélation l’an passé. C’est donc avec avidité que je me jetais sur Unearth pour l’écouter, l’apprivoiser et peut-être le faire rentrer au panthéon des œuvres essentielles de 2014. Loin d’être déçu du résultat, je mettrai tout de même une (petite) réserve sur Unearth. Tout semble y être : la qualité exceptionnelle des compositions, des paroles pleines de sens et des accords irréprochables. Toutefois, il me manque un je-ne-sais-rien d’électrique, un petit catalyseur pour me faire totalement et irrémédiablement apprécier l'album.

Une prise « jack » vous manque et ...

Une chose est certaine, John Bassett est en passe de s’élever au plus haut de la hiérarchie des compositeurs interprètes dans la catégorie rock progressif. Comme David Gilmour ou Roger Waters avant lui et suivant les traces encore fraîches de Steven Wilson (Keep Dear pourrait d'ailleurs être un hommage à son collègue), John Bassett nous livre avec Unearth ce qui sera certainement un « must have » pour  tous les fans inconditionnels de rock progressif et de folk psychédélique. Tout est brillant dans cet album. Il vous mène, au gré du flux généralement calme et paisible des titres, de l’ombre (Stay Away From The Dark) à la lumière des projecteurs (Comedian). Les compositions léchées et les mélodies douces s’enchaînent sans réelle lassitude, vous proposant des réminiscences du David Bowie de l’époque Space Oddity (Survival Rate), des Beatles (Pantomime) de Porcupine Tree (Unearth) ou du Genesis époque seventies - eighties (God Is TV). Mais rien n’est volé, ni n’est pompé. Non, ce sont juste des odeurs qui vous rappellent au bon souvenir de ces glorieux anciens. Stay Away From the Dark, lui, nous fait comprendre toute l’importance qu’a Monsieur Bassett dans le travail de KingBathmat. Si les connotations rythmiques salsa et la guitare hispanisante de Kylerhea révèlent un autre aspect des qualités de compositeur de Bassett, l’ensemble les thèmes abordés sont sérieux et même parfois sombres. Le plus bel exemple est le triste et long Something That’s More Worthwhile ; une sorte de prêche dans lequel Bassett envoie des mots tranchants sur une mélodie folk légère (cachez votre cocon, faites votre introspection avant d'être trop vieux pour espérer vous faire pardonner). C’est d'ailleurs une constante de Unearth, l’ambiance générale de la folk psychédélique proposée reste fraîche et légère, comme dans le printanier Keep Dear. Un album d'une exceptionnelle et complexe simplicité, un mille-feuilles savamment construit par un maître arrangeur (il faut absolument écouter Survival Rate pour comprendre ce travail de précision).

Mais pourquoi donc Unearth ne reçoit-il pas de coup de cœur ? Eh bien justement parce que contrairement à Steven Wilson dans son dernier projet « solo », l’unique The Raven that Refuse to Sing, il manque à Unearth un brin de folie électrique et explosive. Tout est trop beau et trop sage. L’exubérance que Wilson a puisée auprès de ses partenaires de jeu, Nick Beggs en tête, fait défaut à Bassett, lui qui n’a laissé qu’à Nathan Summers le loisir de jouer de la batterie sur Unearth. Tout le reste est dû à Bassett. Comme il le dit lui-même dans Pantomime, il a eu un rendez-vous avec un supplément de solitude. C’est bien, très bien même, mais cela manque aussi de la folie qui est générée par l’émulsion créatrice générée par deux personnes et plus. Quoi qu'il en soit, le travail du troubadour mélancolique John Bassett est donc hautement recommandable, même si l'atmosphère trop acoustique de Unearth me fait regretter que l’interprète n’ait pas pris le temps de brancher la prise jack de sa guitare électrique pour quelques morceaux. Du bel ouvrage, une merveille de dentelle faite à la bougie et tout droit venue de Hastings, qui est selon une récente étude de l'Université de Londres, la ville la plus musicale d’Angleterre.

 

Tracklist de Unearth :

  1. Stay Away From The Dark
  2. Survival Rate
  3. Nothing Sacred
  4. Unearth
  5. Pantomime
  6. Kylerhea
  7. TV Is God
  8. Keep Dear
  9. Something That’s More Worthwhile
  10. Comedian

 

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