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KlogR
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C H R O N I Q U ELe Dr. Gustav Fechner se retournerait-il dans sa tombe en écoutant ce Black Snow de KlogR ? Pourrait-il, en écoutant le second album des Italiens, confirmer sa loi qui relie les sensations psychologiques à l’intensité physique d’un stimulus ? Non, nous n’allons pas faire une thèse en psychologie expérimentale, mais puisque le groupe a repris le rôle du stimulus dans la loi de Weber–Fechner, nous sommes en droit de nous poser certaines questions, ne trouvez-vous pas ? Non, ben tant pis pour vous, bande de mécréants, et puisque vous vous contentez des faits, eh bien sachez que le groupe confirme le bien que l’on pensait de lui après son premier disque (Till You Decay) sorti il y a à peine une année. En effet, même si ce Black Snow n’est pas parfait, il offre une intéressante plateforme de jeu pour les amateurs de metal éclectique et musclé. S = K log R KlogR (prononcer donc Kay-Log-Are) sort donc un second album environ quatorze mois après le premier. Et ce Black Snow est assez difficile à classer. Oscillant entre doom et Nu metal, teinté de thrash, de rock et de hard FM, cet album contient quelques titres pêchus de bonne facture (Refuge, Zero Tolerence, Severed Life), des ballades mélodiques (Ambergris, Heart Breathing) mais aussi, malheureusement selon moi, des titres trop quelconques (Draw Closer, Plunder, Room To Doubt) qui pèsent sur la production globale et qui rendent l’album un peu lassant au fil des écoutes. C’est dommage car sans ces quelques morceaux, l’album concentré aurait gagné en impact (R) et donc, selon la loi de Weber-Fechner, aurait stimulé un peu plus mes sensations (S). CQFD. Mais ne soyons pas trop dur. Comme je l’ai dit plus haut, quelques titres méritent largement le détour. La prime du leader de cette catégorie revient sans conteste à Refuge, dans lequel le faux rythme imprimé par la basse de Todd Allen et les nombreuses ruptures mélodiques permettent au titre de se renouveler sans cesse. Ce titre, comme d’ailleurs Hell of Income et Severed Life, me fait penser au Korn des années 2005-2007 et ses productions les plus expérimentales (Untitled et See You On The Other Side). L’autre côté intéressant de l'album inclut les titres plus pêchus où le chant de Gabriele « Rusty » Rustichelli et la guitare de Nicola Briganti sont plus mis en valeur. Le titre d’ouverture, Zero Tolerence, en est un bel exemple, mais on peut y ajouter Failing Crowns, Life Is Real où il faut noter l’excellent travail de Filippo De Pietri à la batterie, et encore le plus doom Guilty And Proud. Ces titres ont en outre l’avantage de posséder des refrains très efficaces qui garantissent la rétention des mélodies en mémoire. Si l’atmosphérique Ambergris et ses faux airs d'Eric Serra énervé (oui, oui, celui du Grand Bleu), n’apporte rien mais ne dérange pas, le titre plus hard-ballade FM US, Heart Breathing, ainsi que les plus Nu-doom metal Draw Closer, Room To Doubt et Plunder souffrent la comparaison avec le reste de la production. Est-ce par leur positionnement sur l’album ou par leur manque d’ingéniosité, le fait est que ces quatre titres ont un impact délétère sur l’appréciation globale de Black Snow. Dommage car un album long de quarante-deux minutes en lieu et place de ses cinquante minutes trop longues aurait probablement reçu un petit coup de cœur. Mais rien ne m’empêche de tout de même vous conseiller l’écoute de ce Black Snow de KlogR, plein de puissance et de hargne.
Tracklist de Black Snow : 01. Zero Tolerance Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! | |||||||||||||||||