C H R O N I Q U E
Amis poètes, amoureux de la fraiche rosée et du chant des cygnes un matin d'hiver, bonjour. Aujourd'hui pour vous accompagner dans vos balades dans les forêts d'automne, le quatrième album de Landmine Marathon, groupe américain de gros metal qui tâche, option midtempo écrasant et chant guerrier, le tout saupoudré à la sauce Bolt Thrower. Appétissant n'est-ce pas ?
La guerre est déclarée dès un Three Snake Leaves très à propos pour définir de quoi sera fait ce Gallows : d'une recette a priori très bonne, le groupe arrive à quelque chose de fade, sans relief et presque indigeste. La musique est d'une banalité affligeante, bien que convenablement exécutée, les ralentissements qui doivent flanquer les jetons passent inaperçus, les excès disparaissent sous un minimalisme constant. Le chant de la demoiselle (oui, effectivement) ne souffre d'aucune variation ou modulation bienvenue, tout est constant, régulier, beaucoup trop lisse. Bolt Thrower ? Jamais de la vie. Si BT a fait de la guerre un art musical, jamais Landmine Marathon ne lui arrivera à la cheville. Le pire, c'est que quand vous vous demanderez quand va arriver la suite, vous en serez déjà à Dead Horses. Il y a bien des bonnes idées, des bons moments, mais ils sont si rares et si annihilés par la production qu'ils disparaissent instantanément... Voilà pour la partie taillage en règle bien mérité, vous voilà prévenus, Landmine Marathon est plat et sans saveur.
Allons maintenant voir du côté du bon, du prometteur, du méchant qui fait du bien. Et bien de ce côté là, pas grand chose a signaler. Cloadek In Red envoie bien sa sauce avec un emprunt au grand Morbid Angel aux alentours de la seconde minute, mais ça dure si peu de temps que ça ne provoque aucun impact. C'est tout.
En fait, ce disque est avant tout bordélique et mal maîtrisé. L'envie est là, l'énergie aussi (encore que Gallows est bien paresseux par moments), mais tout est si noyé sous la production indigne et répetitive que Landmine Marathon ne peut créer aucun choc, aucune émotion, et Gallows se traverse comme un disque de fond sonore dans une soirée pour drogués notoires qui préfèrent éteindre la musique pour ne pas se faire gauler. Oui, c'est dur. Mais il y a encore du boulot pour ce jeune groupe avant de pouvoir prétendre à quelque chose. Allez, la prochaine fois sera peut être la bonne, allez savoir.
Tracklist de Gallows :
1. Three Snake Leaves 2. Cutting Flesh And Bone 3. Knife From My Sleeve 4. Liver And Lungs 5. Dead Horses 6. Cloaked In Red 7. Beaten And Left Behind 8. Morbidity
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