BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Même si cela est moins vrai aujourd’hui, la personnalité du très attachant (et profondément regretté) Chuck Schuldiner a longtemps plané sur la scène death metal. Cette remarque vaut surtout pour les 90’s, les 00’s. C’est que le temps efface tout, ainsi vont les choses. Décédé en 2001, cette figure tutélaire est un personnage très marquant et on ne compte plus les groupes inspirés des premiers disques de Death, son groupe dont le nom dit long. Suite à ce décès, Terry Butler (qu’on retrouve désormais dansObituary), Rick Rozz (Massacre) ont développé le projet Left To Die avec respect et un réel succès tant le souvenir de Death a marqué les esprits chez les death metalleux des 90’s.
La sincérité de la démarche ne fait pas l’ombre d’un doute. Pour ce noble projet, les deux sont accompagnés de Matt Harvey (Gruesome, Exhumed) et Gus Rios (Gruesome, ex-Malevolent Creation), deux pointures. Phénomène nostalgique purement live s’adressant à un public initié, Left To Die passe un cap en proposant un premier album. Pour ce faire, le groupe garde son ADN en ressortant de vieilles démos des débuts de Death et en les « affinant ». Selon leurs dires, le groupe « voit Initium Mortis comme une sorte de version alternative de la tracklist de Scream Bloody Gore, puisque beaucoup de ces morceaux tournaient autour des différentes formations et répétitions de Death entre 1983 et 1987. En fait, Chuck Schuldiner et Chris Reifert avaient enregistré une version de “Legion of Doom” pour “Scream Bloody Gore” qui n’a jamais été terminée. En revisitant ces morceaux, il m’est apparu clairement que l’empreinte de Rick est partout sur le matériel de Mantas et sur des titres comme Slaughterhouse. Grâce à ce lien, les morceaux où son style brillait le plus se sont imposés naturellement pour Initium Mortis »
Cet album s’inscrit donc dans une réelle tradition, le Death des débuts, les initiés apprécieront la démarche. L’approche est jusqu’au-boutiste et permet de vider les placards des démos du groupe culte.
« Nous voulions que les fans de Death qui n’avaient jamais entendu ces démos puissent enfin les découvrir avec une bonne production. La plupart de ces premières démos avaient été enregistrées sur un simple radiocassette, donc après plusieurs échanges de cassettes, elles devenaient quasiment inaudibles ! Nous pensons que ces morceaux représentent parfaitement la naissance de Mantas/Death. C’est le point zéro — là où tout a commencé : trois gamins de quinze ans en train de créer l’histoire du death metal. Même à travers ces morceaux choisis issus des démos, on peut entendre l’évolution de cette musique. ». Fans absolus de death, ce disque c’est une volonté de prendre les bases, l’occasion de réviser son solfège, de revenir aux fondamentaux. Le rendu est bon, un death old-school. La scène death a profondément évolué, on voit bien avec le dernierBlood Incantation que le style a profondément évolué, c’est peu de le dire. Mais de temps à autre, il n’est pas inintéressant de revenir à la tradition. Point trop n’en faut, on risquerait de s’y perdre et il y a tant de nouveautés et de choses passionnantes qui nous arrivent. Incroyablement créative et vivant probablement un second âge d’or avec une richesse épatante dans les approches, il est néanmoins nécessaire de se rappeler parfois les précurseurs. Par respect pour ces derniers qui ont tant fait. Toujours cet équilibre à trouver entre tradition et modernité. Il y a eu une récente vidéo d’un média metal très intéressant (Vivement Doomanche) posant la question : Peut-on être fan de Metal sans en connaître les groupes fondateurs ? Tel est un des enjeux d’une musique qui, avec plusieurs décennies d’existence, voit de jeunes publics envahir ses festivals. Les Youtube, Spotify, Deezer (c’est bon j’ai cité trois marques) sont parfaits pour connaître ses classiques mais il est parfois difficile d’accrocher aux productions, aux sons d’autres époques. Et on ne peut tout écouter, faute de temps, d’intérêt. On peut parfaitement aimer de jeunes groupes (de metalcore, au hasard) sans maîtriser la discographie complète d’un Black Sabbath. Vaste débat que voici, inhérent à l’ancienneté de nos scènes qui voient les Géants raccrocher les gants, profitant ainsi d’une retraite bien méritée. Plein de questions sans réponses. Pour en revenir à l’éternel plancher des vaches, ce dernier Left To Die est bien sympa, ravira les Ultras, les fans de l’époque. C’est déjà pas mal. Quant aux jeunes générations que le death pourrait intéresser, c’est peut-être un peu trop référencé pour démarrer. On renverra ces derniers vers les classiques intemporels du genre. Avec Left To Die, nous sommes chez les true, les guerriers passionnés du death. Pour qui ce disque sera une véritable mine d’or. Il faut écouter Death, la base !