Leslie West

Artiste/Groupe

Leslie West

CD

Still Climbing

Date de sortie

Octobre 2013

Label

Mascot / Wagram

Style

Blues Rock

Chroniqueur

Didier

Note Didier

14/20

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C H R O N I Q U E

Leslie West, vous connaissez certainement, puisque je vous avais déjà détaillé son dernier album solo Unusual Suspects. Je ne vais pas revenir sur la vie mouvementée de cette légende vivante (chut, il n'aime pas qu'on dise ça), mais me contenter de vous parler de son nouvel album solo, Still Climbing. Si notre ami "grimpe toujours" ce n'est certainement pas dans le Top 50 des plus belles pochettes de CD, car celle-ci bat des records de nullité. Mais soyons fort et ne jugeons pas un album sur son aspect extérieur. Car, en effet, le contenu est plutôt sympathique. Leslie, reprend la bonne vieille recette de Unusual Suspects, et invite des musiciens à venir faire un bœuf avec lui. Si dans l'album précédent on avait pu entendre à ses côtés, Steve Lukather, Zakk Wylde, Billy Gibbons, Joe Bonamassa et Slash, sur ce Still Climbing les invités de marque sont:  Mark Tremonti (Creed / Alter Bridge) , Johnny Winter, Dee Snider (Twisted Sister),  Jonny Lang et Dylan Rose. Encore du beau monde ! Pour changer, c'est le célèbre Mike Fraser, qui est au manettes garantissant un gros son.

L'album est encore à classer dans la rubrique blues-rock, même si tout n'est pas bluesy, loin de là. Par exemple le premier morceau, Dyin’ Since The Day I Was Born, est plutôt d'influence Mountain (le groupe mythique fondé par Leslie en 1969), c'est-à-dire hard rock gras, à voix éraillée et aux gros riffs de guitares. La voix de Leslie est puissante, il dit que depuis qu'il a arrêté de fumer, sa voix s'est améliorée (ça alors ?), et sa guitare qui lui répond (à la ZZ TOP), tout aussi puissante. Si le sexagénaire (68 ans) a dû être amputé d'une jambe, à cause de son diabète, le solo qu'il balance sur le morceau nous rassure sur l'état de ses dix doigts. Fichtre ! L'ambiance est plutôt southern rock sur Long Red, où la voix et la rythmique rappellent Lynyrd Skynyrd, le refrain est bien foutu. En parlant de bon refrain, le riff de Don’t ever let me go, est aussi bien trouvé ; c'est un morceau très rock, dans lequel le jeune guitariste Dylan Rose vient lui prêter main forte (est-ce bien utile ?).

Mais le blues est aussi bien présent dans cet album, et la présence de Johnny Winter en est une preuve irréfutable. Sur le morceau Busted, Disgusted or Dead, Leslie et Johnny se tapent un petit duel de guitare blues, à la slide, très sympa. On est aussi content de savoir que Johnny Winter va mieux, car la dernière fois que je l'avais vu en concert, il était moribond. Apparemment il prépare même un nouvel album. Sur Fade Into You, Leslie revisite la ballade bluesy et c'est plutôt réussi: on pense à du Garry Moore, toujours bien inspiré, dommage que la fin du morceau et le solo, soit coupée decrescendo. Le morceau mid tempo Not Over You At All, est aussi à mettre dans le lot des blues, un saxo vient y donner du solo, Leslie et sa gratte s'occupe du reste. Hatfield or McCoy est un blues minimaliste, pour moi, un des meilleurs de l'album sorte de blues, country qui fleur bon le bayou, ses crocodiles et ses moustiques. La slide est de sortie, et la voix de Leslie est géniale, il forme un véritable duo avec sa guitare slide, c'est énorme.

Comme dans l'album précédent, Leslie West propose de revisiter quelques grands classiques, d'une façon tout à fait originale. Par exemple pour une reprise de Feeling Good (rendue célèbre par Traffic ou Nina Simone, pour les vieux, et par Muse pour les plus jeunes, mais écrite en 1965 par Anthony Newley et Leslie Bricusse pour une comédie musicale), il est accompagné au chant par Dee Snider -oui, oui, le chevelu chanteur de Twisted Sister. Et je dois reconnaître que sur le morceau il se gave. La guitare de Leslie claque, un peu comme celle de Joe Bonamassa, et vient compléter cette reprise tout à fait réussie. L'autre reprise de l'album, c'est le tout aussi classique When A Man Loves a Woman, chantée par Percy Sledge en 1966 (mais écrite par Calvin Lewis and Andrew Wright). Ca ne nous rajeunit pas tout ça ! Sur cette reprise c'est la jeune star montante du blues, Jonny Lang qui vient faire baisser la moyenne d'âge. Il a une voix exceptionnelle, certes, mais bon le morceau reste la grosse ballade en accord d'orgue hammond, sur lequel papa a invité maman à la boum du lycée. Les deux hommes se relayent aux solos de guitares, se répondent, c'est quand même sympa.

Le morceau qui clôt l'album, Rev Jones Time (Somewhere Over The Rainbow), est une petite douceur acoustique et instrumentale, inclassable.

Les problèmes de santé de Leslie de ces dernières années lui ont donné une frénésie créatrice qu'il veut nous faire partager. Et en écoutant le résultat, nous ne pouvons répondre qu'une chose: partageons !

Tracklist de Still Climbing :

01. Dyin’ Since The Day I Was Born (avec Mark Tremonti)
02. Busted, Disgusted or Dead
(avec Johnny Winter)
03. Fade Into You
04. Not Over You At All
05. Tales Of Woe
06. Feeling Good
(avec Dee Snider)
07. Hatfield or McCoy
08. When A Man Loves A Woman
(avec Jonny Lang)
09. Long Red
10. Don’t Ever Let Me Go
(avec Dylan Rose)
11. Rev Jones Time (Somewhere Over The Rainbow)

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