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LORD BELIAL
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C H R O N I Q U ELord Belial nous propose avec "Revelation - The 7th Seal" son septième album. Le groupe a tendance à proposer jusqu'ici un black metal très axé mid-tempo, limite atmosphérique. Et autant vous dire qu'il le fait très, très bien. Je pense même que là réside l'identité du groupe. Je garde ainsi de "The Seal Of Belial" (2004) un excellent souvenir. Mais intéressons nous de plus près à cet opus... Il faudra m'expliquer pourquoi des groupes comptent pour une piste ces petites intros, souvent très courtes, qui restent de toute façon indissociables du morceau qui suit. Car c'est le cas ici. Bon, ce n'est pas la fin du monde, mais une intro d'album ne doit-elle pas introduire tout l'album et non pas un seul morceau ? Mais à l'écoute de "Revelation - The 7th Seal", on pardonnera facilement (quoique...). Le groupe nous montre tout son talent pour envelopper ses mélodies épiques d'ambiances convaincantes, laissant les morceaux évoluer vers le meilleur du "black metal mid tempo". Un genre à lui tout seul ? A vous de juger. Mais là ou des groupes habitués aux blasts infernaux se cassent la gueule sur des morceaux plus lents, révélant des faiblesses en capacité de composition et de structuration de morceaux, Belial excelle. Et ce ne sont pas "Vile Intervention" ou "Gateway To Oblivion" qui viendront me contredire. De plus, il y a de petits passages blast qui viennent ponctuer les morceaux, juste ce qu'il faut pour y apporter encore plus d'intensité ("Unholy War"). On appréciera également la production, qui, si elle n'a rien d'exceptionnel, donne à l'album une facilité d'écoute indéniable. Cependant, Lord Belial nous surprend un peu en début d'album, et déçoit avec quelques titres speed sans grande originalité. En effet, des albums de black qui alternent un gros blast par-ci, un petit passage atmosphérique par-là, il y en a légion. Et sur ces titres là, Belial n'innove pas vraiment. Pour ne pas dire pas du tout. Si ces morceaux ne sont pas désagréables ("Aghast", "Unspoken Veneration"), ils sont à mon avis un cran en dessous du reste de l'album. Le chant a d'ailleurs du mal à s'imposer dans ces titres plus nerveux. Le style de Belial ne se prêterait-il pas aux rythmes rapides ? La question restera en suspens jusqu'au prochain album, car me voilà contredit par l'excellent "Death As Solution". Entre blasts furieux et guitares plaintives, il nous propose un chant déchiré, une montée en intensité excellente, et sans doute l'un des plus beaux plans solo de l'album. En réalité, je dois dire que ces morceaux rapides me chiffonnent encore, car en se plaçant dès le début de l'album en marge du reste de la production de Belial, ils dénaturent un peu "Revelation - The 7th Seal" et lui enlèvent un peu de crédibilité. Argh... Voilà donc un album bien particulier, car je dois avouer que j'ai eu du mal à m'y mettre, à cause d'un début d'album peu convaincant, ou en tout cas contestable. Et pourtant derrière on retrouve tout ce qu'il y a de meilleur dans Lord Belial, c'est-à-dire des compositions aux mélodies très élaborées, franchement jouissives. A quelques morceaux près, je collais au moins un 17 à cet album. Alors ne vous arrêtez pas aux premiers titres, et poussez plus loin votre écoute... En vendant son âme au blast, Belial risquerait bien de perdre le meilleur de son art. Pas facile de conseiller à un groupe de ne pas se renouveler... à moins que l'essai ne soit plus réussi. | ||||||||||||||