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LUX AETERNA
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C H R O N I Q U ELux Aeterna nous vient de Bretagne et de Rennes plus précisément. Un quintette qui officie dans le métal progressif. La particularité du groupe, si c'en est une, c'est de posséder une chanteuse violoniste. Beyond Horizons est un mini album autoproduit et composé de quatre titres. Une sorte de faire valoir, d'étendard ou de carte de visite pour aller taper à la porte des maisons d'édition. A la première écoute, distraite il est vrai, j'ai cru avoir affaire à une énième parodie de métal plus ou moins symphonique à chanteuse. Puis j'ai forcé l'écoute et je dois reconniaître que je m'étais trompé. Il y a bien des passages qui lorgnent du côté classique mais ils sont essentiellement dus aux parties de piano de Nicolas Meyer. En réalité, les bretons nous servent un métal prog plutôt personnel (un bon point déjà), qui se rapproche de plans tels que l'on peut en trouver dans les fabuleuses galettes de Liquid Tension Experiment (encore un bon point). Musicalement, donc les rennais assurent. Les compos sont toutefois un peu allambiquées à certains moment ou donnent peut être un peu trop dans le démonstratif. Mais il est difficile, dans un premier temps de passer outre l'étalage de sa technique, encore bien plus sur ses toutes premières compositions. L'utilisation du violon et du piano contribue à donner une ambiance tantôt lyrique, tantôt inquiétante à l'ensemble. Ce n'est pas pour rien qu'Adagio est cité comme une référence par le groupe. Je n'en n'ai pas encore parlé mais les parties de guitare de Benoit Toquet sont très bonnes elles aussi de la même façon que les sections rythmiques (Walter Français à la batterie et Olivier Le Pech à la basse) Là où le bas blesse, à mon sens, c'est le chant. La voix de Maela Revolt est puissante certes mais presque trop : elle masque complètement la musique ou ne colle pas à la mélodie. En fait on a l'impression que les lignes de chants, mélodies vocales, sont juste placées par-dessus la musique. Dans ce cas, il aurait mieux valu se contenter de sortir un album instrumental, comme l'excellent troisième titre : "Light on the arena". Ce n'est pas que le chant de Maela soit faux mais il manque de variété dans les intonations et elle devrait composer des mélodies qui suivent un peu plus la mélodie. Il est d'ailleurs intéressant de noter que sur le dernier titre du CD ("In the web of my lies", d'une longueur de 12 minutes environ), les lignes vocales sont bien meilleures que sur les deux premiers morceaux... ce dernier titre est d'ailleurs tout simplement magnifique. Vous pourrez facilement vous faire votre propre opinion et d'ailleurs je vous invite à le faire sans plus tarder, en vous rendant sur le site web du groupe où ils ont mis des extraits audio en libre écoute. Il est difficile de se prononcer définitivement sur la qualité globale de l'ensemble tant la production souffre du manque de moyens évident de nos bretons. Je suis par ailleurs certain qu'une production aux petits oignons permettrait de faire rentrer Lux Aeterna dans la cour des grands. Mais pour en arriver là, ils doivent encore convaincre et signer dans une maison de disque qui leur en donnera les moyens. Alors la route n'est peut être pas si longue qu'elle y parait car la qualité est indéniablement là et la détermination du groupe semble réélle. Il faut encore travailler mais surtout il va falloir grandir... De mon côté, je leur souhaite "all the best" et je continuerai de jeter un oeil sur leur actualité. | ||||||||||||||