BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Le 10 mai 2025, aux environs de 16h30, sous une chaleur écrasante, apparaît sur le tremplin du Vind’Hell Fest le groupe de Black Metal Malebeste. C’est seulement le deuxième concert des Angoumoisins, et je suis immédiatement séduit par leur Black Metal qui évite les clichés du genre et laisse entrevoir une belle capacité de composition.
Un an plus tard sort Monestherou, leur premier LP chez Antiq Records. Vous l’aurez compris : le quintet n’a pas perdu de temps et parvient à proposer un premier effort qui possède déjà bien des qualités. À commencer par le son : le mixage est équilibré et permet d’apprécier chaque élément à sa juste valeur. L’album a été enregistré avec le concours de Bastien Cabirol, ingénieur du son que je croise régulièrement derrière les tables charentaises et qui sait faire des miracles…
Mais parlons contenu. La base de leur musique : un black metal mélodique et rugueux, puisant son inspiration dans le folklore, les récits ruraux, les drames historiques et les superstitions du terroir. Vous y trouverez des blasts ancestraux, un chant d’angine mal soignée ténébreux à souhait, et bien entendu des riffs malsains comme s’il en pleuvait. On peut y déceler des accointances avec Marduk, Dissection ou encoreDark Funeral, notamment dans leur capacité à conjuguer mélodie et intensité.
Vous allez me dire que des groupes comme ça, il en existe à la pelle… mais Malebeste a déjà sa fosse à part.
Là où le groupe se distingue, c’est par son entrée de ménestrel-conteur. Dès l’ouverture, Aigre Vinasse et Chaude Populace pose le décor : un sample qui sent la ruralité, le chaos, et qui nous plonge dans une ambiance populaire et agitée. On y sent déjà la poussière des chemins, les voix du village, la tension sourde d’un monde paysan prêt à basculer.
Cette entrée en matière sert de marchepied vers Hautefaye 1870, premier véritable assaut Black Metal. Inspiré du tragique fait divers du même nom, le morceau combine mélodies tourbillonnantes, violence rythmique et vocaux macabres, soutenus par des chœurs qui renforcent la dimension collective du drame.
L’album se veut une épopée dissonante et sombre. Entre le très bon Chasse Gallery et son atmosphère presque épique, inspirée de la légende de la chasse volante ; Palefroi du Diable, plus lourd et massif, qui ralentit la cadence pour installer une lourdeur quasi rituelle ; ou encore Le Puits d’Enfer, l’un des titres les plus ambitieux du disque, qui nous fait traverser toute une palette d’émotions, jouant sur la tension, la libération, la noirceur et la fascination. On y entend toute la maturité du groupe malgré sa jeunesse.
Et pour enfoncer encore davantage son ancrage dans une ambiance moyen-âgo épico-black-heavy (oui, c’est long), le groupe conclut par un medley acoustique, idéal pour un banquet débordant de vinasse et de cochonnaille.
Sincèrement, pour un premier album, le groupe tape fort et juste. Les mélodies sont envoûtantes, les atmosphères riches, la production solide, et l’ensemble dégage une personnalité immédiatement reconnaissable. Attention : la « mauvaise bête » est lâchée et ne plaisante pas. Chers amis : planquez vos poules !
Tracklist – Monestherou :
01. Aigre Vinasse et Chaude Populace 02. Hautefaye 1870 03. Chasse Gallery 04. Palefroi du Diable 05. Milouziena 06. Le Puits d’Enfer 07. Monestherou 08. Flamme Noire de l’Espoir 09. Nocturne (Acoustic Medley)