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Misery Loves Co.
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C H R O N I Q U EQui se souvient des suédois de Misery Loves Co. ? Pas grand monde je parie. Et pourtant. Poulains de l'excellente écurie Earache, maison mère de toute une frange du Metal extrême européen, ce petit groupe n'a jamais eu la renomée qu'il méritait. En trois albums tous proches de la perfection, Misery Loves Co. a réussi à faire ce que certains ne réussiront jamais à faire en trente ans de carrière : parler vrai. Et dans les années 90 et les tonnes de groupes qui ont déferlé après la mort du grunge (ou pendant, ou avant), ça comptait. Mais pourquoi mérite-t-il sa place au panthéon des groupes qui comptent ? Premier élement de réponse : My Mind Still Speaks. Guitares d'une industrialité malsaine, chant désespéré (mais vraiment cette fois-ci), production totalement parfaite, voici le meilleur exemple de la rencontre entre les machines américaines et la vision nord européenne du Metal indus. Pour vous donner une idée de l'état dans lequel se trouve le quidam qui a osé s'aventurer dans ces contrées sombres et perdues, imaginez que le Sweet Dreams version Manson soit rendu mille fois plus glauque tout en voyant son efficacité décuplée. Oui, on ne se sent pas très bien, partagé entre la claque que l'on vient de prendre (et ce à chaque écoute depuis 1995) et le mal être qui nous envahit en quatre minutes. Sonic Attack et le hurlement samplé de Nina Hagen rampent en vous, tel un poison constant qui mettra des années et des années à vous exterminer. Happy? est une sorte de ballade à la Alice In Chains, le désespoir d'une chanson qui porte ce titre fleure bon le génie, les notes de guitares discrètes mais obsédantes augmenteront encore un malaise qu'on avait du mal à imaginer plus important. Deux autres titres sortent du lot : les terribles Private Hell et The Only Way. Le premier hésite pendant plus de quatre minutes entre violence et mélodie avant de se décider pour la première option dans un final abrutissant, tandis que The Only Way est l'une des meilleures chansons de Thrash indus jamais composée au monde. Samples discrets mais rythmique de fou, guitares hurlantes, grosses pointes de Fear Factory et de Sepultura, la fureur des suédois ressort totalement dans ce titre qui vous laissera hagard de longues minutes avant que vous ne réalisiez ce que le groupe vient de vous mettre. A côté de ça, les chansons qui n'ont pas encore eu droit de citer ici paraissent moins efficaces, 2 Seconds étant pourtant un sacré morceau d'industrialité à fleur de peau, I Swallow étant digne d'un Ministry alors que This Is No Dream paie son manque d'inspiration évident et souffre de la comparaison avec ses voisins. Tracklist de Misery Loves Co. :
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