C H R O N I Q U E
Encore un remastering des vieux albums de Monolithe. Cette fois ils ont fait le choix de rassembler les deux EP que le groupe avait produit entre le II et le III sous le titre de Zero. L’idée est originale et même assez intéressante car on sort enfin de la piste unique et monolithique ! L’album est donc composé de quatre pistes avec en guise d’introduction le fameux Also Sprach Zarathustra (Richard Strauss) utilisé par Kubrick dans 2001 comme bande son, et source d’inspiration du groupe de Doom parisien. Je vous éviterai cependant la généalogie heuristique de ce concept empreint de philosophie nietzschéenne en vous disant simplement que Monolithe s’est réapproprié la musique originelle en la « doomisant » un peu. On en aurait souhaité plus d’ailleurs ! Mais ce n’est pas grave, on se rattrape sur la suivante, Monolithic Pillars, une vraie petite pépite de Doom Funéraire. Cette fois on sent le groupe plus mature que sur II, plus complexe et moins brut de décoffrage. Les riffs sont très diversifiés, la voix moins caverneuse, un synthé agrémente la sonate funèbre tandis que des voix que l’on pourrait croire tout droit sorties d’un vaisseau de 2001 ponctuent la musique en la rendant plus lunaire et majestueuse.
Vient ensuite Edges, forgée dans le même monolithe que la précédente, puis la splendide Harmony Of Null Matter prend la suite pour conclure ce Zero en beauté. Monolithe se fait plus progressif voire psychédélique, on a l’impression de retrouver en filigrane les notes d’Also Sprach Zarathustra, tout en subtilité mais avec beaucoup de puissance dans une montée crescendo qui fait frémir l’auditeur et l’envole dans un ailleurs spatial proche du « anywhere out of the world » baudelairien. C’est original, magnifiquement exécuté et planant, tous les ingrédients que l’on demande à du bon Doom spatial et funéraire. L’association des deux concepts est fort bien réussie et nous entraîne évidemment dans l’imaginaire de 2001 mais aussi de tous ces films dont la vision de l’espace est macabre, inquiétante et immensément vide, à la manière d’un Solaris de Tarkovski par exemple. Monolithe n’aurait pas pu donner meilleure leçon de Doom que celle-ci ! Chapeau !
Le choix de ce Zero est une véritable réussite, la réunion de ces deux EP fonctionne à la perfection en nous offrant la vision d’un Monolithe plus diversifié et moins brutalement sordide que les précédents. Monolithic Pillars et Harmony Of Null Matter sont à eux deux les petits chefs-d’œuvre insolites du groupe français, à réécouter sans modération et avec une très bonne sono à fond la caisse ! Bravo !
Tracklist de Zero :
01. Also Sprach Zarathustra 02. Monolithic Pillars 03. Edges 04. Harmony Of Null Matter
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