Moonsorrow

Artiste/Groupe

Moonsorrow

CD

Kivenkantaja

Date de sortie

2003

Style

Viking Black Metal

Chroniqueur

Orion

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C H R O N I Q U E

Si Moonsorrow est une référence dans sa catégorie aujourd’hui, en 2003, c’était loin d’être le cas. Pas que le groupe n’avait produit que des albums inintéressants, oh non ! Simplement, quasiment personne ne connaissait Moonsorrow. Heureusement, les choses ont changé avec la sortie de ce Kivenkantaja.
Mais revenons un peu en arrière. Les débuts du groupe remontent à 1995. Formés par deux cousins, Ville Sorvali (chant et basse) et Henri Sorvali (guitare, claviers, instruments folk et chant, connu aussi pour faire partie du groupe Finntroll), Moonsorrow œuvre tout d’abord dans le Black Death avant d’ajouter des éléments folk dans sa musique. Après une série de démos entre 1996 et 1999 et l’incorporation dans le groupe de Marko Tarvonen (batterie), ils enregistrent leur premier album, Suden Uni en 2000, suivi par Voimasta Ja Kunniasta en 2001 avec deux nouveaux musiciens qui viennent renforcer la troupe, Lord Euren (synthés) et Mitja Harvilahti (guitares). Deux albums énormes mais dont l’impact est resté très confidentiel, surtout en dehors des frontières finlandaises.
C’est donc avec l’album suivant, celui qui nous intéresse ici, que le nom du groupe va véritablement commencer à circuler.

Dès le départ, on se mange un pavé de quatorze minutes. Le début du morceau Raunioilla est plutôt cool. Puis c’est un chant clair qui arrive (celui de Henri), bientôt rejoint par des grognements black mais ceux-ci restent assez en retrait pour le moment. Puis c’est l’arrivée de choeurs énormes en voix claires. On est typiquement dans l'ambiance Bathory développée sur des albums comme Twilight Of The Gods mais avec une patate énorme en plus. Là où Bathory pêchait un peu par la production et un côté un peu clinique, Moonsorrow arrache tout sur son passage. Il faut dire que la production est énorme et elle rend la frappe de Marko Tarvonen bien lourde et puissante. On a droit à un petit break folk au milieu du morceau. La fin acoustique du titre est de toute beauté.
Mais tout cela n’est qu’une mise en bouche. Car les choses sérieuses commencent avec Unohduksen Lapsi. Le morceau démarre tambour battant par un bon gros cri de Ville. Les guitares sont tout de suite agressives, le chant de Ville Sorvali tranche avec celui de son cousin Henri, dominant sur le titre précédent. La voix de Ville est plus proche de celle du guerrier viking en plein combat. Il hurle à s’en décrocher la mâchoire. On est parti pour une tuerie de huit minutes. Les chœurs sont toujours présents et on a encore un petit break folk en milieu de parcours.
Le morceau de bravoure étant à mon sens le troisième, Jumalten Kaupunki. Là, il y a tout ce qu'un morceau de Viking Metal doit être. L’intro folk, le chant belliqueux, les choeurs énormes, les synthés pour sonner épique, la rythmique lourde comme il faut. Et quand on croit que le morceau se termine, on en reprend une couche. La bande son du débarquement viking sur nos pauvres contrées. On s'y croirait. C’est encore dix minutes que l’on ne voit pas passer. La perfection.
Le titre éponyme, tout en gardant une sacrée puissance, a pas mal de connotations avec le Folk Metal. Le groupe y utilise bon nombre d’instruments folk. Encore une fois, la voix de Ville vient y mettre une bonne dose d’agressivité. La force de cet album est bien là, l’équilibre parfait entre les éléments black, folk et épique. Ce morceau est tour à tour festif et violent.
Tuulen Tytär / Soturin Tie est le titre le plus Folk Metal de l’ensemble. Ce morceau est en fait essentiellement instrumental, il y a juste quelques chœurs qui viennent nous rendre visite dans la seconde partie.
Et pour finir, quoi de mieux qu'une petite douceur ? Matkan Lopussa nous invite à la rêverie. Le morceau est entièrement chanté par une invitée, Petra Lindberg, accompagnée de chœurs magnifiques sur le refrain. Quelques percussions discrètes, des claviers, des instruments folk et le bruit du vent complètent le décor. Il s'agit en fait d'une chanson traditionnelle remise au goût du jour par Moonsorrow.
A noter, pour ceux qui aiment bien savoir de quoi parlent les chansons, que tous les titres sont traduits en anglais dans le livret (car vous êtes peut-être peu nombreux à maîtriser le finnois).

Moonsorrow réalise ici, n’ayons pas peur des mots, un chef-d’œuvre du Viking Metal. Cet album est d’ailleurs très souvent considéré comme le meilleur du groupe à ce jour. Alors si vous ne le connaissez pas encore, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

 

Tracklist de Kivenkantaja :

01. Raunioilla
02. Unohduksen Lapsi
03. Jumalten Kaupunki / Tuhatvuotinen Perintö
04. Kivenkantaja
05. Tuulen Tytär / Soturin Tie
06. Matkan Lopussa

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