Mr.Fastfinger

Artiste/Groupe

Mr.Fastfinger

CD

In Motion

Date de sortie

Mai 2012

Label

Mad Guitar Records

Style

Guitar Hero

Chroniqueur

Didier

Note Didier

17/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

Quand Yann a créé le site en 2006, il avait mis l'accent sur les virtuoses, et notamment les virtuoses du manche. Depuis que Yann est sur la touche, nous n'avons pas retrouvé de maître es-guitar-hero, qui puisse le remplacer, aussi c'est avec un peu de méfiance que je lis ce mail écrit en parfait français par le créateur du label Mad Guitar Records, qui me demande si je voudrais chroniquer le nouvel album de Mr. Fastfinger. Le nom fait sourire, et je me documente pour finalement accepter, particulièrement intrigué par cet étrange artiste. C'était de ce même label que Yann avait chroniqué Guitar Addiction, qui lui avait fait forte impression.

Alors Mr. Fastfinger est un personnage imaginaire doublure du guitariste finlandais Míka Tyyskä. On retrouve des dessins de Mr. Fastfinger sur les pochettes des albums, et sur le site web. Outre les BD qui mettent en scène Mr. Fastfinger, Mika gère aussi une école de guitare (http://www.guitarshredshow.com). Sur la pochette du CD, on retrouve Mr. Fastfinger, un petit personnage qui fait penser à Mulan, et plein de trucs marrants, comme un jeu de plateau à jouer avec un médiator de guitare. Rigolo, on comprend de suite que Mika a beaucoup d'humour. Il assure les guitares bien sûr, mais il s'est entouré de Lasse Rantanen à la basse, Thomas Törnroos à la batterie et Kalle Katz aux claviers. En parlant de claviers, notez que Jordan Rudess (Dream Theater) est invité sur Super Sinister alors que l'on retrouve deux invités guitaristes, Timo Kämäräinen sur Lost World et Thomas Blug sur Beach Turtles. Voilà pour les présentations.

L'album est extrêmement bien produit, et propose douze morceaux très variés qui le rendent très agréable à écouter et très facile d'accès, même pour des non metalleux. On ne s'ennuie jamais, ce qui n'est pas toujours le cas sur des albums instrumentaux de guitar hero. Après une intro un peu tibétaine, ca commence plutôt classiquement avec un Unravel qui sonne tantôt comme du Satriani, tantôt comme du Steve Vaï, avec un bon riff, parsemé d'harmoniques (Satriani) et des petites trouvailles originales côté solo (Vaï). Très sympa. On trouve plusieurs cassures, et changements de rythme. Ensuite on change quasiment d'ambiance à chaque morceau. Ambiance un peu tribale pour In Motion, au refrain guilleret, qui file la banane, ponctué de changements complets, de petits plans de guitares monstrueux (mais d'où sort-il ces sons là ?), qui rappellent certaines choses de Eddie Van Halen ou Nuno Bettencourt. Certains apprécieront le petit délire à la Django Reinhardt de la dernière minute. L'ambiance se fait plutôt musique de film inquiétante pour Super Sinister, avec des solos typés fusion et un final encore un peu délire. Le morceau qui vient ensuite, Motion Beat, fait plutôt penser à un master class de maitre Mika, accompagné d'une boite à rythme. C'est très rythmé et toujours agréable. La grosse voix (de Mr. Fastfinger ?) vient vous inciter à attraper votre guitare et vous mettre à jouer. C'est sûr qu'avec Mika comme prof, ça doit être motivant. Après un petit intermède propice à une séance de yoga revigorante, on arrive aux deux meilleurs morceaux de cet album que sont Beach Turtles et son ambiance tropicale et Mountain Mover, un morceau hyper groovy dont la basse vous fera vibrer. Ces dix minutes de pure bonheur justifient à elles seules l'achat de cette galette. On trouve encore quelques bonnes ambiances pour terminer cet album, avec Breath et Little Wind (constitués de magnifiques harmonies de guitare, en petites touches délicates) recommandés pour votre prochaine séance de méditation transcendantale, et qui pourraient faire penser à du Al Di Meola. Plus noir, Daemons And Ghouls, permet à Mr. Fastfinger de riffer-sa-mémé, accompagné d'une section rythmique plus speedée, et même si ça rappelle un peu Satriani et sonne un peu moins original, ça s'écoute bien. Thunderpantz, tourne un chouïa à la démonstration pure et dure, probablement le plus metal des morceaux, par le gros riff qui le rythme. Mika nous donne encore le tournis avec des plans d'une autre planête. L'ambiance aquatique de Home Is Where The Heart Is (bonus) termine en douceur cet OVNI musical, on aurait pu sonoriser Le Grand Bleu ou Océans avec ce morceau planant.

Au final, douze morceaux étonnants, instrumentaux, très originaux, on frôle l'expérimental par moment sans sombrer dans des délires incompréhensibles. Si vous êtes, un temps soit peu, fan de six cordes, vous devez vous pencher sur ce sujet intéressant qu'est Mr. Fastfinger, vous allez être tout retourné...

 

Tracklist de In Motion:

01. Unravel
02. Lost World
03. Super Sinister
04. Motion Beat
05. Ripple Travel
06. Beach Turtles
07. Mountain Mover
08. Breathe
09. Little Wind
10. Daemons & Ghouls
11. Thunderpantz
12. Home Is Where The Heart Is (bonus)

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