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Vous vous doutez bien que je ne vais pas chroniquer un opéra de Modest Moussorgski sur ces pages (même si ça serait sympa). Le Mussorgski dont je vais parler ici est un musicien de Black Metal. Khorzon (du groupe Arkona polonais, et non russe) dirige en fait le projet depuis 1990. Trois albums sont sortis depuis : In Harmony With The Universe en 1995, Chaos And Paranormal Divinity en 2011 et aujourd’hui Creatio Cosmicam Bestiae. Il faut dire que Khorzon n’a pas chômé avec Arkona entre temps puisque le groupe en est à son cinquième album, sans compter les splits, démos et tout le tralala habituel. Il faut donc mieux considérer Mussorgski comme son side project expérimental.
Car il est vrai que Creatio Cosmicam Bestiae a tout de l’étrangeté : des influences martiales dans le chant, classiques dans les arrangements, Indus dans les claviers, expérimentales dans les compositions. Un joyeux bordel, quoi !
L’ambition de Khorzon est grande en s’attaquant à autant de styles différents. Mais est-ce que cela fonctionne vraiment ? Pas sûr du tout. Les pistes sont très hétérogènes, pas de quoi se raccrocher dans les mélodies, pas de refrain salvateur mais beaucoup de passages tordus, mal arrangés avec des mixes un peu improbables et pas très heureux.
Pour cette raison je suis allé réécouter les anciens opus du groupe ; mais même constat, voire en pire (surtout pour In Harmony With The Universe). Il y a peut-être quelques passages de Chaos And Paranormal Divinity qui sont intéressants car mieux construits et plus évidents.
Non, difficile de s’attacher à Creatio Cosmicam Bestiae, tout y est trop étrange, mais dans le mauvais sens du terme. Pourtant, on sentait des influences intéressantes. J’ai d’abord pensé à Chaostar et puis je ne sais pas pourquoi mais Monolithe (Doom Funéraire français) m’est rapidement venu à l’esprit. Et peut-être que c’est parce que Mussorgski n’est plus du Black Metal à proprement parler mais plutôt du Doom Symphonique et Industriel. Sans doute aussi que Khorzon ne s’est même pas rendu compte de ce revirement, d’où les quelques maladresses d’écriture musicale. Pour l’instant, je préfère ce qu’il fait avec Arkona, à voir sur la durée.
Tracklist de Creatio Cosmicam Bestiae :
01. Gaaya - The Planet Of The Dead 02. God Is In The Neurons 03. Stellar Core 04. Sabbathum In Perpetuum 05. Key To The Universe 06. Inverted Aeon 07. Implanted Consciousnes 08. Paradisum
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