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NADJA
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C H R O N I Q U ENadja ! Voila un nom qui au premier abord est un nom aguichant et qui, rien qu'avec ce patronyme, souhaiterait nous attirer vers de hautes sphères paradisiaques et apaisantes. Un nom qui aspire à nous proposer un univers de douceur et de sérénité. Et cela parait d'autant plus vrai à la vue du titre de cet album, "Touched", appellation qui semble prémonitoire à de délicats préliminaires exécutés par des mains expertes en la matière. L'ambient-drone de Nadja, qui d'ailleurs n'en est pas à son coup d'essai, est comme beaucoup de disques de ce style, c'est-à-dire qu'il amène à se poser nombre de questions sur la réelle signification et la profondeur de leur musique, ou plutôt de leur son, car c'est avant tout de son dont il s'agit. Certains diront que l'ambient-drone se limite à gratter une corde jusqu'à épuisement, tout en enregistrant le bruit de son rasoir électrique allumé en mode barbe dure, le tout accompagné de grognements ou de marmonnements ici ou là. Mais d'autres diront qu'il s'agit d'une expérimentation et d'une recherche sonore poussées à l'extrême. Ce qui prouve bien que la musique extrême ce n'est pas jouer le plus vite possible en hurlant par dessus de la double pédale. La démesure ! La clef est sans doute là, tout le côté excessif qu'on pourrait trouver dans du post-core se trouve ici. Ne pas se fixer de limite dans l'exploration d'un univers qu'on souhaiterait pouvoir retranscrire à travers des sonorités sur un simple disque en polymère. Mais c'est aussi prendre le risque de se perdre définitivement dans les méandres de sa table de mixage à se demander, si le bruit de cette goutte qui tombe dans le vide ne serait sans doute pas mieux mise en avant si elle était à 101 dB au lieu de 99. L'accessibilité n'est bien sur pas de mise, il faut prendre le temps de se laisser pénétrer par cet univers, qui demande une attention particulière afin de pouvoir ne serait ce que discerner quelques bribes du travail d'orfèvre opéré ici afin de prendre conscience de l'ajout chirurgical des couches sonores, et cela dans le seul but d'exalter nos sens. C'est également à la limite de croire peut être, qu'il suffit d'empiler des sons et des mélodies simplistes surmixés les unes par-dessus les autres, et que discerner chacun d'entre elles reviendrait à jouer à "Où est Charlie ?". Alors est-ce une chronique écrite avec l'aide de mon cynisme galvanisé par l'ambient-drone de Nadja qu'on peut comparer à une succession de cornes de brumes sortie d'un petit ampli saturé? Ou bien ces lignes sont elles belles et bien écrites avec une sincérité véritable, et ne sont que le reflet d'un disque qui vous touchera directement au coeur de votre poitrine ? A vous de voir... | ||||||||||||||||||