C H R O N I Q U E
Ha, qu’est ce qu’on ne ferait pas pour attirer le chaland ma bonne dame. Que la principauté d’Andorre ne soit pas très connue en dehors de l’Europe, je veux bien l’admettre. Mais qu’une biographie nous fasse croire que Nami, groupe de metal de son état, ait passé les trois dernières années de son existence coupé du reste du monde, faudrait pas nous prendre pour des perdreaux de l’année quand même. Il y a assez de touristes qui achètent leurs cartouches de clopes pour croiser du monde.
J’admets toutefois l’aspect bucolique de l’affaire. Ce n’est pas franchement dans cette contrée qu’on s’attend à entendre résonner des guitares furieuses. Mais laissons de côté la géographie car finalement, Nami sonne exactement comme d’autres groupes de heavy/death progressif. Pour preuve, les cinq compères n’ont pas hésité à émigrer jusque chez Jens Bogren (Opeth, Amon Amarth, Katatonia) pour mixer leur premier album, Fragile Alignments. Basé sur une l’histoire d’un homme qui poursuit son instruction à l’aune de sa confrontation avec la nature (le manque d’oxygène, sans doute), l’opus est du genre compliqué.
Nami mélange les styles jusqu’à l’outrance. A la fois progressif, heavy, death, jazz, Fragile Alignments ne s’appréhende pas facilement. Si l’introduction Awakening From Lethargy reste basique mais efficace avec sa montée en puissance, de l’acoustique aux guitares hurlantes, vers The Inner Man : Materia presque deathcore, Nami se plait à dérouter. Maniant les polyrythmies et les growls surpuissants, les andorrans peuvent très bien la jouer pop-acoustique (Loop Of Truth – The Link) pour mieux repartir vers un death mélodique rageur (Cosmical Beginning – Air). Chaloupant régulièrement entre brutalité et mélodie, Fragile Alignments impressionne pour un premier essai.
Cependant, il faut bien reconnaître qu’il est compliqué de s’infliger soixante minutes intenses. Avec une moyenne de six à sept minutes par chansons, Nami n’évite pas l’écueil de l’ennui et gagnerait à baisser un peu le pied. Le passage free jazz de The Growing – Earth rallonge inutilement un morceau qui n’en demandait pas tant, les multiples changements de rythmes de Cosmical Beginning – Air tirent sur la corde. Et même si les guitares sèches et le chant clair ramènent fréquemment le calme, j’avoue avoir entrevu la fin de l’album avec délice.
Fragile Alignments est le premier méfait d’un groupe encore jeune mais qui possède un potentiel certain pour arriver dans l’élite. Et même si la route et encore longue et sinueuse, Nami peut réussir en canalisant mieux sa créativité. Pour les fans ouverts d’esprit d’Opeth.
Tracklist de Fragile Alignments :
01. Awakening From Lethargy
02. The Inner Man : Materia
03. The Growing - Earth
04. Oppression And Understanding - Fire
05. Loop Of Truth (The Link)
06. Cosmical Beginning - Air
07. Conscience Of The Void (From Oblivion To The Renew) - Water
08. The Inner Man : Antimateria
09. The Pattern
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