C H R O N I Q U E
Qui se souvient d'Evol ? Un groupe de Black Ambient italien qui a sorti trois albums entre 1996 et 1999 et qui n'a pas franchement marqué les esprits. Ou plutôt, qui en a marqué quelques-uns mais pas forcément dans le bon sens. Car comment qualifier leur musique autrement que par le mot... chiant ! Pourquoi je vous parle de ce groupe que tout le monde a oublié ? Eh bien parce que Negatron qui nous intéresse aujourd'hui est formé par des anciens membres d'Evol, Demian De Saba et Samael Von Martin (ouah, les pseudos de la mort !) Avouez qu'avec tout ça, il ne part pas gagnant cet album...
Premier point positif : Negatron ne joue pas dans le même registre black mystico-gothico-kitch qu'Evol. Ouf ! Ici, c'est du Black Metal, certes, mais très sombre, très Doom. Le groupe se dit inspiré par les premiers Celtic Frost, les premiers The Gathering (?) et les musiques de films d'horreur. L'album débute par une (trop ?) longue intro à l'ambiance morbide. Orgue d'église et vocaux plaintifs féminins. On sent que ça va être très sombre. Le premier véritable morceau, The Seven Angels, confirme cela. Le rythme est assez pesant. Le chant hurlé pratiqué ici n'est pas vraiment ce que je préfère, c'est vite gonflant. En plus, il ne se passe pas grand chose au niveau musical et le morceau dure plus de dix minutes, ce qui n'aide pas à rester scotché à leur musique. Ce premier morceau laisse la place au second, Wormwood Star. Et là, je commence à être inquiet pour la suite. Car c'est pareil. On pourrait même croire que c'est le même morceau qui continue. Ce ne sont pas les quelques parties en chant clair (à noter que toutes les parties vocales masculines sont assurés par le même personnage, Alex Kain) qui changent grand chose à l'affaire. Ca y est, on baille. Et l'envie d'appuyer sur la touche "morceau suivant" se fait sentir. Mais je résiste. Je chronique l'album, il faut donc faire ça sérieusement... Petit intermède instrumental puis on attaque le troisième véritable morceau, The Fifth Angel. Là, ça démarre de manière plus sympathique. le rythme reste très lourd mais il y a une véritable tentative de mélodie. Le chant criard est toujours aussi horripilant mais des vocaux féminins pointent le bout de leur nez, assurés par Belita Adair. Ca aère un peu le morceau et le sauve. Le titre suivant est aussi un peu plus intéressant que le début d’album (peut-être parce qu’il est plus court) mais c’est vraiment juste pour trouver des qualités à cet album. Second interlude à l’orgue et on repart sur un rythme bien Doom avec un chant Death d’outre-tombe cette fois-ci. Le chant criard réapparaît très vite puis un chant clair plaintif. Encore une fois, le morceau est long (pas loin de huit minutes) et l’ennui s’installe. In Handumdrehen pourrait créer la surprise de cette fin d’album. Le démarrage est original, la voix de Belita vient nous caresser dans le sens du poil. Hélas, on retombe très vite dans un morceau peu intéressant. Encore une fois, ce sont les interventions de Belita qui sauvent le morceau de la noyade. Dommage. Je passe sur le dernier instrumental acoustique sympa mais, à ce stade, la messe est déjà dite. Au final, tout cela est un peu insipide. Evol, c'était raté. Negatron, c'est raté. Décidément, il y a des gens peu doués pour la composition...
Bref, vous avez un peu trop d'argent et vous ne savez pas quoi acheter comme CD en ce moment ? Eh bien je vous conseille quand même d'aller voir autre part. Il y a des sorties bien plus intéressantes que celle-ci. Et au pire, si vous ne trouvez vraiment rien dans les nouveautés, c'est le moment de compléter votre collection de CDs avec des albums incontournables, ceux présents dans notre rubrique Back To The Past par exemple. Vous voilà prévenus...
Tracklist de Tenebre :
01. Tenebre (intro) 02. The Seven Angels 03. Wormwood Star 04. Tenebre Reprise Part I (instrumental) 05. The Fifth Angel 06. Rash Agitators of Darkness 07. Tenebre Reprise Part II (instrumental) 08. Requiem 09. In Handumdrehen 10. Tenebre Finale - In Ictu Oculi
Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum !
|