C H R O N I Q U E
Nervecell nous vient des Emirats Arabes Unis, chose assez peu commune dans le metal, quoique de plus en plus de groupes du Proche-Orient font leur apparition. Psychogenocide est le second album du groupe qui fait suite à Preaching Venom, plébiscité par la critique lors de sa sortie, album à côté duquel je suis complétement passé. Séance de rattrapage avec ce nouveau bébé.
Psychogenocide commence par une intro arabisante, Anemic Assurgency, composée dans les gammes orientales, qui en fait ne caractérise en rien la musique du groupe. Sur le morceau suivant et comme sur le reste de l'album, plus aucune touche indiquant leur origine, Nervecell fait dans le death bien occidental, ce qui n'a rien de péjoratif, ni de mélioratif d'ailleurs. Bref tout ça pour dire que les amateurs de double pédale précise et rapide, de riffs pesants et brutaux et de voix gutturales trouveront leur compte dans Psychogenocide. Si on devait rapprocher le groupe d'un des grands de la scène death, ce serait Suffocation, en un peu moins étouffant. La où Suffocation ne laisse pas passer un seul courant d'air, Nervecell aère ses morceaux. D'ailleurs ce sont ces mêmes morceaux qui sortent du lot. Lorsque le groupe ralentit le tempo et désépaissit ses riffs, l'album prend de l'ampleur. Prenez All Eyes On Them, qui sur sa première partie est une pure boucherie avec un riff fait pour le headbanging, et qui sur la fin marque une pause avant de reprendre de plus belle. Et bien ça fait mouche dès la première écoute. Malheureusement, tous les morceaux ne sont pas aussi bons. Pour tout dire, les premiers titres s'écoutent facilement, mais au fur et à mesure de l'album on a la sensation d'écouter toujours la même chanson. La faute sans doute à une linéarité exemplaire mais agaçante dans la voix de James Kazhaal. Aucune variation sur tout l'album, toujours ce growl profond et ravageur. Cela plairait à certains, mais honnêtement, la redondance est vraiment épuisante. Pour ce qui est de la production, rien à dire, c'est carré, puissant et ça colle parfaitement aux compos.
Psychogenocide est un album qui plaira aux fans de death sans concession. Pour les autres, il vaut mieux l'écouter à petite dose. En revanche si Nervecell passe en concert, je pronostique une fosse agitée et une grosse claque sur scène. A écouter donc, mais sans s'attendre à un chef d'oeuvre.
Tracklist de Psychogenocide :
01. Anemic Assurgency 02. Upon An Epidemic Scheme 03. All Eyes On Them 04. Amok Doctrine 05. Psychogenocide 06. Imprint 07. Shunq (To The Despaired...King Of Darkness) 08. The Taste of Betrayal 09. Driven By Nescience 10. Nation's Plague
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