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Nightrage
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C H R O N I Q U EAlors que débute cette nouvelle chronique, un constat et une question s'imposent d'emblée : tout d'abord, Insidious contient une sacrée liste d'invités : entre Gus G, Appolo Papathanasio, Tom S. Englund, John K et Tomas Lindberg, voilà un groupe qui sait s'entourer (rapidement, ces cinq-là ont à leur CV du Firewind, Spiritual Beggars, Biomechanical, Evergrey, The Great Deceiver et At The Gates, oui, ça cause). Et une question : un album au tel pedigree peut-il être mauvais ? Bon, d'abord, la plupart des invités n'en sont pas vraiment à leur coup d'essai avec Nightrage, Gus G ayant formé le groupe, Lindberg en ayant fait partie et Tom S. Englund ayant déjà chanté sur un précédent album. Ensuite, Lindberg n'apparait que sur trois morceaux. Voilà qui devrait vous avoir calmé quand à la teneur de cet opus. Car après la sacro-sainte introduction qui ne sert à rien mais que l'on doit toujours mettre (So Far Away), après les deux bombes que sont Delirium Of The Fallen et le morceau titre, plus rien ou presque. L'inspiration disparaît subitement, comme avalée par un tourbillon de banalité, aussi affligeante qu'incontournable.
Et pourtant, Delirium Of The Fallen, chanson de death mélodique par excellence, menée de main de maître par Anthony Hämäläinen, et par la force du manche de Marios Illiopoulos débute de fort belle manière les hostilités. La rage est sortie, les riffs sont basiques mais efficaces, merci la production de Fredrick Nordström ? Ça vous parle n'est-ce pas ? Arch Enemy, Soilwork, In Flames, Septic Flesh, Dimmu Borgir, Opeth, c'est lui. Ça calme hein ? Plutôt heavy, tout démarre sous les meilleurs auspices. Hostilités prolongées par la belle mélodie du refrain d'Insidious, morceau titre pourtant doté de couplets guerriers et soutenu par le petit monsieur qui vient de vous percer un peu plus les tympans, j'ai nommé Tomas Lindberg. Alors que l'on pensait que le pensionnaire habituel du groupe chantait déjà de manière agressive, il nous est donné l'occasion de voir la différence entre le maître et l'élève. Ce dernier est sur la bonne voie mais il est tel une oie à côté d'un grizzli, insignifiant. Car ce Lindberg, il faudra bien un jour l'introduire au panthéon des meilleures voix death metal de l'histoire. Si vous connaissez Slaughter Of The Soul, vous savez de quoi je parle. Parce que non seulement sur album ça tabasse grave du Lindberg, mais en live c'est encore plus fort. Mais revenons-en à l'album qui nous intéresse pour souligner les nombreuses parties mélodiques qui traversent des moments de sauvagerie supposée histoire de rappeler que l'on pratique ici du death mélodique et non du death brutal. Bande de chiffes molles, va. Du coup, oui c'est joli, oui c'est bien joué, mais bordel que c'est pénible. Ecoutez à quel point la voix d'Apollo est sous utilisée sur This World Is Coming To An End, écoutez comment Poignant Memories sonne fatigué, écoutez la platitude de Hate Turns Black, l'étrangeté de Poisoned Pawn. Seul le Solar Corona final sauve quelques tiroirs, grâce aux talents conjugués de Gus G et Tom S. Englund, pour un final qui ne sonne absolument pas comme les douze premiers morceaux mais comme quelque chose qui mériterait bien un album complet dans son style pour approfondir ça.
Comme beaucoup d'albums, Insidious s'écoute fort au début, en pleine sieste au milieu et avec un réveil passionné à la fin. Hélas, trois chansons ne font pas un album, et il serait de bon ton de vous conseiller le meilleur d'Evergrey, de Firewind et surtout d'At The Gates pour passer un excellent moment musical, car tous ces groupes sont tout simplement meilleurs que Nightrage, qui esperons aura retenu la leçon qu'une belle liste d'invités ne fait pas un album si derrière la composition est plate. Laissez donc cet album faire sa vie dans les pays nordiques et retournez écouter le dernier Soilwork. Oui, c'est dur. Mais en même temps...
Tracklist d'Insidious :
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