Il y a un an, Noise Generator sortait son premier EP, No Rest For The Unseen. J'avais bien accroché à leur style atypique et gardait le groupe dans mes petits papiers. Puis ils ont sortis un autre EP, de reprises cette fois-ci, elles aussi fort sympathiques. Mais il est maintenant temps de passer aux choses sérieuses, voilà venu le temps du premier album !
Toujours composé de Kshoo et de Laurent, le groupe a mis les bouchées doubles avec treize titres pour cinquante-deux minutes. Dès Collector, on retrouve le style bien particulier du duo, mêlant guitares et machines. Le tempo est lent, une basse modulée et des rythmiques dubstep servent de trame au morceau à l'esprit tout à fait punk, qui réveillera à intervalles régulier une guitare moins en retrait que sur le premier EP et un chant un peu mieux intégré. On constate en effet que la qualité de la production s'est améliorée, on se plonge plus facilement dans leur son. Brotherhood installe dès le départ une rythmique indus martelée et binaire, simple et efficace, la tête s'agite instantanément. Une espèce de gimmick sonore marque particulièrement l'oreille. Le chant est toujours aussi particulier, un peu trainant, un mélange étrange entre le j'en-foutisme punk et certaines intonations issues du reggae (très clair n'est-ce pas ?). Ce qui est clair, c'est que le chanteur ne recherche pas à rentrer dans les standards et possède son timbre qui risque de ne pas plaire à tout le monde. Avec Gready Saviour, c'est vers des horizons bien plus dub que le groupe s'aventure. L'aventure s'était déjà révélée fructueuse, autant renouveler l'expérience. Low commence de manière plus punk, mais retournera rapidement à des influences dub, cependant différentes du morceau précédent, car oui, le metal n'est pas le seul genre à proposer son lot de ramifications. A ce moment de la chronique, vous vous demandez peut être ce qu'une chronique de ce groupe vient faire sur le webzine "aux portes du metal" ? Eh bien, ce n'est pas compliqué : le fil conducteur reste le punk, voir même des moments plus métalliques (Violent), associés tel de l'indus aux machines proposant une grande diversité de sonorités. Ce qui est plutôt bien vu, c'est l'écart qui se creuse entre les percussions, le plus souvent directement issues de divers courants électroniques, et toute la partie "musicale" qui développe vraiment cette ambiance punk, même quand les guitares se taisent.
C'est simple : en tant qu'amateur de musiques de tous les horizons sur le papier, je trouve ça génial. Et le groupe réussit vraiment à s'en sortir et à développer son style. Je doute que ça plaise à tout le monde, et moi-même je n'adhère pas sur toute la ligne, mais je trouve le pari audacieux et mené jusqu'au bout. En effet, chaque arpège électronique est soigné, le duo a développé de nombreux sons différents, qui font plus qu'accompagner les morceaux : ils constituent leur moelle. Bass & bass & guitar everywhere !
Si je vous dis qu'en plus, l'album passe comme une bière dans le gosier d'un assoiffé et qu'il contient son lot de morceaux mémorables, vous lui accorderez bien un peu de temps ?
Tracklist de Wise & Wicked :
01. Collector 02. Brotherhood 03. Greedy Saviour 04. L.O.W 05. Violent 06. Stand 07. Wise And Wicked 08. Shred 09. Hold On 10. Alone 11. Soul Crusher ft. Renegade Syd 12. Buried Alive 13. Aside
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