C H R O N I Q U E
Même si Obscenity est un groupe discret si on le compare à d'autres pointures nées à peu près à la même époque de l'autre côté de l'Atlantique (Cannibal Corpse, Deicide) ou même de ce côté-ci (Grave, Pestilence), cette vieille légende du Death Metal allemand, en activité depuis 1989, a traversé des hauts et des bas mais est toujours là. Et les voilà en 2012 pour nous livrer leur huitième album, après six années de silence tout de même (il faut dire qu'entre temps, le groupe a connu un séparation puis une reformation... ça prend du temps, tout ça). En effet, en 2009, il ne restait plus que Hendrik Bruns (guitares) dans le groupe. Il fut bientôt rejoint par un américain, Jeff Rudes pour le chant et c'est alors que revint au bercail l’un des fondateurs du groupe, le batteur Sascha Knust. Il ne restait plus qu'à recruter un certain Christoph Weerts à la seconde guitare et un certain Jörg Pirch à la basse et c'était reparti pour un tour !
Alors, les six années de silence sont balayées dès les premières secondes de Erase the Divine. Il y a de quoi réveiller un cimetière complet dans ce titre. Tempo rapide, voix d’outre-tombe bien agressive (Jeff Rudes a un joli brin de voix), rythmique assassine. All You Can Kill ne fait pas retomber l’intensité marquée de ce début d’album mais est doté d’un solo bien mélodique qui rafraîchit le morceau. Bien joué. Pas le temps de se rendormir, le titre éponyme vient achever toute résistance. Obscenity nous revient en forme et ça fait plaisir. Après, il faut aimer quand ça brasse bien du début à la fin car sur les trente-huit minutes de l’album, il n’y a pas franchement de temps mort. Chaque titre est hyper agressif, Obscenity ne fait pas dans la nuance et nous lâche un Death Metal bien hargneux et dévastateur. On les sent bien, les six années de frustration engendrées. Le groupe balance tout ce qu’il a et va à l’essentiel par le plus court chemin. Car même si Obscenity nous réserve quelques solos bien sentis qui viennent éclaircir les titres (All You Can Kill, Perfect Pain, Diary of a Scapegoat…), c’est un bloc compact auquel on a affaire ici. Et donc, c’est là que la bât blesse quelque peu, une fois passés les trois premiers morceaux, on tombe dans le répétitif (bah oui, qui dit peu de nuances…) Après, tout dépend ce qu’on attend d’un album de Death Metal. Si c’est se manger une bonne dose d’agressivité sans trop prendre le temps de réfléchir, Atrophied In Anguish est l’album qu’il vous faut.
Décidément. Après Asphyx et Grave, les anciens poids-lourds du Death Metal européen montrent qu’ils ont encore la niaque en cette année 2012 et qu’il faut encore compter avec eux. Même si on est loin du chef d’oeuvre, Atrophied In Anguish remplit son rôle et devrait ravir les amateurs de brutalité gratuite, de rythmes rapides et de sensations fortes. A déconseiller aux amateurs de subtilité, de paix et d’amour…
Tracklist de Atrophied In Anguish :
01. Erase The Divine 02. All You Can Kill 03. Atrophied In Anguish 04. From Heroic To Depraved 05. Swine To The Slaughter 06. Perfect Pain 07. Neurotic Frenzy 08. Diary Of A Scapegoat 09. Monoistic Living 10. Hysterical Illusion
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