Oliva

Artiste/Groupe

Oliva

CD

Raise The Curtain

Date de sortie

Juin 2013

Label

AFM Records

Style

Hard Rock

Chroniqueur

Blaster of Muppets

Note Blaster of Muppets

15/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

C H R O N I Q U E

Jon Oliva a consacré la première partie de sa carrière à Savatage. Ensuite, il s'est partagé entre ce groupe et le projet Trans-Siberian Orchestra (sorte d'opéra rock principalement axé autour du concept de Noël) qui rencontre un succès important aux Etats-Unis. Savatage n'est malheureusement plus actif depuis une dizaine d'années mais Jon ne délaisse pas le heavy metal : Jon Oliva's Pain est là pour nous le rappeler. Mais le disque qui nous intéresse aujourd'hui est différent. Raise The Curtain est le premier album solo de Mr. Oliva. "Quelle différence avec ses précédents travaux ?", vous demandez-vous sûrement... C'est simple, Jon a ressenti le besoin de se dégager momentanément de JOP le temps de réfléchir à la façon dont le guitariste Matt LaPorte (mort en 2011) pourrait être remplacé, et il s'est mis à travailler sur de nouvelles chansons avec une approche différente dans la mesure où, cette fois, il a décidé de faire un disque plus ouvert et varié que d'habitude. La pochette évoque forcément Savatage (la guitare, le piano, les couleurs) et pourtant ça n'en est pas. Raise The Curtain est plus expérimental, personnel, et n'abrite pas que des compos "classiques" (terme à relativiser puisque Jon s'est rarement contenté de faire du heavy de base) mais se permet des détours par différents univers ayant inspiré son créateur. Et histoire d'aller jusqu'au bout de l'introspection, le Mountain King (comme on l'appelle souvent) s'occupe non seulement du chant mais joue également de la guitare, de la basse, des claviers... et même de la batterie sur trois titres ! Attendez-vous à être surpris !

Et justement, les surprises arrivent dès le premier morceau Raise The Curtain. Ouverture théâtrale, très vite suivie d'un passage typé rock progressif 70's et des claviers qui vont avec... et le chant ? Juste Jon et des choeurs reprenant "Raise The Curtain" de temps à autre. Voilà, ça pose tout de suite les bases d'un disque peu prévisible. Ne prenez pas peur, si cet opus est moins fondamentalement heavy metal, il n'est pas dépourvu de compos officiant dans ce style ou rappelant les travaux précédents de Jon Oliva pour autant. Ainsi Soul Chaser aurait pu figurer sur un album de JOP. Même remarque pour Big Brother et Armageddon, toutes deux bien heavy (mais toujours enrichies de quelques sonorités moins habituelles : orgue Hammond, clavecin...). Je vais tout de suite vous dire ce qui me plaît dans ce disque, indépendamment des différents genres proposés. Ce qui me touche, c'est Jon Oliva lui-même. Sa voix reste très puissante, elle est bien conservée, et le talent du bonhomme pour véhiculer toutes sortes d'émotions (colère, folie, tristesse...) à travers son chant est intact.
Revenons aux chansons. Ten Years est une excellente compo heavy rock avec des cuivres. Oui, des cuivres... et ça passe sans problème ! Certainement une de mes chansons préférées sur Raise The Curtain. Father Time (disponible en écoute sur le net, cliquez sur la chanson dans la tracklist) ramène une touche 70's et surprend par sa guitare groovy. Encore un titre bien ficelé et accrocheur. Un autre titre créé la surprise, c'est The Witch, morceau très changeant où les influences progressives ressortent clairement. Enfin, Les fans du monsieur le savent bien, il y a un exercice dans lequel Jon excelle : celui de la ballade. Et Raise The Curtain en contient quelques-unes. Quatre pour être exact, si l'on compte la piste bonus Can't Get Away (conclusion très douce, apaisée, acoustique... sur un fond d'accordéon !). Là encore Oliva varie les plaisirs, I Know montre un visage sombre (l'intro au piano est inquiétante) alors que Soldier, à mon avis la plus touchante des quatre ballades, est plus harmonieuse et mélancolique tout en surprenant (encore !) en proposant un accompagnement à la flûte. Quant à Can't Get Away, elle s'aventure sur des territoires bluesy, avant de se conclure sur un final plus rock et enlevé où les cuivres refont une apparition.

Je ne vais pas mentir : Raise The Curtain n'est pas un disque "facile" pour celui qui s'attendrait à du pur Savatage ou à du JOP. Certains lui reprocheront probablement son manque d'homogénéité. De mon côté, je ne prétendrai pas aimer toutes les chansons, tout comme je ne dirai pas que j'ai retrouvé les frissons ressentis à l'écoute de certaines des oeuvres passées de Jon Oliva... Pourtant, cet album a quelque chose, c'est indéniable. Quand on aime Jon Oliva (si depuis tout ce temps, vous ne vous êtes pas rendus compte que ce gars était un génie, vous êtes passés à côté de quelque chose), on ne saurait rester insensible face à cet opus, et il y a là suffisamment d'idées et d'émotion pour justifier qu'on se penche dessus. Et qu'on accroche ou pas à Raise The Curtain, on doit reconnaître qu'à l'heure où certains musiciens se sont faits une spécialité de rabâcher indéfiniment la même chose, Oliva apporte un peu d'inédit à ses fans. Fans qui, du coup, devraient apprécier le geste... 

 

Tracklist de Raise The Curtain :

01. Raise The Curtain
02. Soul Chaser
03. Ten Years
04. Father Time
05. I know
06. Big Brother
07. Armageddon
08. Soldier
09. Stalker
10. The Witch
11. Can't Get Away
12. The Truth
(Bonus Track)

Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum !