C H R O N I Q U E
J’ai pour coutume de séparer les gens en deux catégories : les meneurs et les suiveurs. Je sais, c’est extrêmement réducteur comme vision de la vie mais force est de constater qu’il suffit par exemple de regarder un groupe d’enfants pour comprendre qui est le leader et qui ne l’est pas. Pourquoi appliquer une telle psychologie de comptoir à une chronique de metal ? Car c’est le sentiment perçu à l’écoute de ce premier album d’Ommatidia, In This Life Or The Next.
Le groupe n’est pas composé de perdreaux de l’année. En effet, on y retrouve Nicolas Chevrollier et Vincent Danhier, respectivement guitariste et bassiste de feu-The Old Dead Tree, auteur de trois excellents albums d’un dark metal très personnel. Ajoutez à cela une pochette aguicheuse et mystérieuse, ma curiosité est forcément éveillée. Mais autant mettre les choses au clair, les fans du vieil arbre mort ne retrouveront vraiment leurs petits que sur le morceau d’ouverture, Only Found By Those Who Seek. Belle entrée en matière, calme avant l’arrivée des guitares, montée en puissance jusqu’à une fin toute en mélodie. Mais la comparaison s’arrête là, même si quelques réminiscences refont surface par-ci, par là.
Alors pourquoi cette introduction ? A l’évidence, les membres d’Ommatidia ont écouté toute la discographie de Paradise Lost, à un point qui semble parfois gênant. Ecoutez le refrain de Shy Away, fermez les yeux.. A qui pensez-vous ? Nick Holmes a changé de groupe ? Non, c’est Guillaume Richard qui chante. Alors bien sûr, Il existe de pires références que les excellents Paradise Lost, j’en conviens. Mais les pistes telles que Starspeed God ou Serendipity, entre autres, sont à la limite du plagiat.
Dommage car Ommatidia est capable d’instaurer cette ambiance mélancolique propre au dark metal ou, au contraire, de sortir les guitares pour lorgner auprès d’un metal gothique très agréable. Disclosure est à ce titre une petite perle de metal mélodique. Et c’est lorsqu’Ommatidia sort de ses références qu’il sort sa musique la plus personnelle et intéressante. Le dernier morceau, Naked Truth fait frissonner par sa beauté et son désenchantement, accompagné par un tempo lent qui termine l’album sur une note certes dépressive mais néanmoins superbe. Leaning On Complete Affinity instaure une ambiance plombée idéale pour la rêverie et la tristesse. Certes, Ommatidia commet quelques erreurs mais bien pardonnables pour un premier album (les growls sur Unaffected By Loss tombent comme un cheveu dans la soupe, le chant est à la limite de la justesse sur Senses Commotion). Je passe rapidement sur la production, propre et carrée, sans fioritures.
In This Life, Or The Next est un album ambivalent, pris entre des références trop envahissantes et une musique personnelle qui ne demande qu’à mûrir. Ommatidia présente un premier opus de qualité mais dont les défauts seraient rédhibitoires si justement, il n’était pas un coup d’essai. Les français ont un potentiel à ne pas négliger, à eux de démontrer sur les prochaines tentatives qu’ils ont une place à se faire au soleil, ce qui est, il faut l’avouer, contradictoire avec le dark metal. Le potentiel est important, il faut l’exploiter.
Tracklist de In This Life, Or The Next :
01. Only Found By Those Who Seek 02. Starspeed God 03. Serendipity 04. Senses Commotion 05. Disclosure 06. Shy Away 07. Leaning On Complete Affinity 08. Unaffected By Loss 09. Naked Truth
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