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Aux Portes Du Metal : Chronique d'album metal Omnium Gatherum Grey Heavens (Death mélodique) - Album Review

Artiste/Groupe:

Omnium Gatherum

CD:

Grey Heavens

Date de sortie:

Février 2016

Label:

Lifeforce Records

Style:

Death mélodique

Chroniqueur:

El Piotr

Note:

13/20

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Omnium Gatherum peut être perçu comme un rocher : solide et immuable, pour peu qu’il soit à l’abri de la corrosion. Le problème réside dans le potentiel d’évolution plutôt limité du rocher ; du granit reste du granit. Si les amoureux de cailloux y voient une source de joie inépuisable puisque constante, la lassitude pourrait étreindre les individus dont la géologie n’est pas l’intérêt premier.

Cela réactive la traditionnelle question de l’évolution d’un groupe. Que traduit la répétition d’une recette bien huilée ? Un manque d’inspiration, du "fan service", de la fainéantise ? Ou bien cela est-ce l’élaboration lente, sur plusieurs albums, d’une identité musicale ? La réponse n’est clairement pas à ma portée, toujours est-il que je ne fais pas partie de la catégorie précitée des géologues. Grey Heavens m’ennuie.

Ne vous méprenez pas : pris seul, l’album est de qualité.  On y trouve un Death mélodique sérieux qui connait ses points forts : une production très propre qui fait honneur au son du groupe, que ce soit dans le traitement de la guitare dans les graves, lourde à souhait ou bien par la gestion du clavier à la discrétion exemplaire, densifiant le son du groupe sans empiéter sur l’espace des autre instruments ; une guitare lead aux phrases accrocheuses ; des riffs efficaces et pas trop complexes.

Quelques titres se distinguent par leur dosage idéal du dynamisme des riffs d’une part, et de l’atmosphère mélancolique qu’affectionne le groupe d’autre part. The Pit, Rejuvenate !, Foundation ou These Grey Heavens sont ainsi de véritables réussites. La guitare lead porte les compositions et s’entremêle régulièrement avec les claviers pour créer la patte si singulière des Finlandais, à l’instar de l’introduction sur Rejuvenate !. 

Jukka Pelkonen, au chant, contribue également à l’instauration de cette mélancolie brutale : il pondère la vitesse des riffs par des growls lents, profonds et très reconnaissables. Le bonhomme n’a en rien perdu de ses capacités en la matière, et c’est une riche nouvelle. 

Ces quatre titres ont en commun de ne pas dépasser les six minutes (ou de peu) et d’être dynamiques. Ces deux caractéristiques sont d’importance. Prenez Majesty and Silence : huit bonnes minutes, et un mid tempo qui dure une éternité. Il s’agit pour moi du principal travers de l’album, car si la lourdeur du chant et la mélancolie générale siéent parfaitement à des titres vigoureux qu’ils complètent avec bonheur, la pesanteur et la lenteur de Majesty and Silence ou de Skyine les empreignent d’une mollesse éprouvante. D’autant que les motifs se répètent avec aucune autre transition que des solos certes plutôt réussis, mais également anticipé bien en amont. Et on en vient à notre deuxième interrogation : où se trouve la différence entre un bon et un mauvais titre répétitif ? Car la répétition en elle-même n’est pas un mal, nous connaissons tous une pléthore de titres géniaux qui se contentent d’un unique motif central. Mais ils servent un propos, que ce soit l’établissement progressif d’une atmosphère par la redondance, ou encore la création d’un sentiment d’aliénation, etc... Ici, par Majesty and Silence notamment, le groupe brode autour du titre : quatre minutes auraient amplement suffi, alors qu'il s’étend ici à huit par une reprise des différents plans en plaçant entre eux ici un solo, là une section calme guidée par la guitare acoustique. Ces plans ont du mal à légitimer par eux-mêmes la durée du titre. 

Il est temps de revenir à notre premier questionnement : l’évolution musicale d’un groupe est-elle une nécessité artistique ? Car Grey Heavens est doté d’atouts certains qui feront le bonheur des fans et des amoureux de Death mélodique qui découvrent Omnium Gatherum. Pour autant, pourvu que leur musique ne vous ait pas conquise indéfectiblement et que l’ayez déjà croisée sur d’autres albums, le sentiment de redite s’immiscera en vous sans scrupule et gâtera le plaisir non feint des premières écoutes. Cette ambivalence me rend bien incapable d’apporter une réponse valable à notre précédente interrogation. Elle me permet uniquement de vous souhaiter une bonne écoute... et une bonne réflexion.

 

Tracklist de Grey Heavens :

01. The Pit
02. Skyline
03. Frontiers
04. Majesty and Silence
05. Rejuvenate !
06. Foundation
07. The Great Liberation
08. Orphidian Sunrise
09. These Grey Heavens
10. Storm Front