C H R O N I Q U E
C'est une évidence, l'époque est propice au revival eighties dans le Metal. De nombreux jeunes combos s'inspirent de cette époque avec plus ou moins de bonheur (citons Enforcer, Cauldron, Bullet pour les plus intéressants). Du coup, on commence à voir des groupes des années 80 qui ont loupé le coche et n'ont pas été sur le devant de l'actualité à cette époque-là tenter un retour pour une seconde chance. C'est le cas de Oz, combo finlandais qui a été fondé au début des années 80, qui a sorti une poignée d’albums entre 1982 et 1991 et qui reprend donc du service après vingt ans de silence. Alors je dois dire que, bien que j’écoutais déjà du Metal dans ces années-là, je n’avais jamais rien entendu de ce groupe. Comme quoi, Oz ne fut jamais un des groupes importants de cette époque (hormis peut-être chez eux, en Finlande). L’année dernière, Ape De Martini (chant), Mark Ruffneck (batterie) et Jay C. Blade (basse) - vous noterez que ça ne fait pas très finlandais, ces noms – trois membres originaux du combo décident de remonter le groupe avec deux nouveaux guitaristes.
Un petit mot sur la pochette, encore hyper datée années 80. C’est quand même marrant car dans les années 80, il y avait aussi de belles pochettes. Pourquoi les groupes voulant nous montrer qu’ils se revendiquent du Metal des années 80 s’inspirent-ils toujours des plus moches ? Mystère…
Dominator, le premier morceau de cet opus, est plutôt bien fichu. Le riff est efficace, le chant est bien typé eighties et le refrain assure bien. C’est du classique de chez classique mais ça fonctionne indéniablement, on se prend au jeu. Hélas, le second morceau est déjà moins intéressant et on commence à déchanter. Mais ouf, le titre suivant, Let Sleeping Dogs Lie, est de meilleure qualité. Le suivant, Fire in the Brain (qui est aussi le titre d’un de leurs albums, paru en 1983) est en fait le réenregistrement d’un de leurs vieux titres et du coup, il sonne vraiment vintage, notamment au niveau des solos. A ce moment, le chroniqueur que je suis (et qui ne connaît pas ce groupe, je le rappelle) se dit : "mais si ça se trouve, ce n’est pas le seul morceau réenregistré". Alors, je me plonge dans la discographie du groupe et le verdict tombe : En fait, pas mal de morceaux de ce nouvel opus sont d’anciens titres : Searchlights et Gambler sont également issus de cet album sorti en 1983. Turn the Cross Upside Down provient d’un EP datant de 1984. Total Metal et Third Warning proviennent du troisième album, III Warning (1984). Au bout du compte, il n’y a que cinq morceaux vraiment nouveaux. Et, Dominator en tête, il s’agit des meilleurs de l’album. Mention spéciale à Enter Stadium, morceau bien lourd qui sent l’hymne à plein nez (et doté d’un vrai refrain, ce qui manque un peu dans cet album). Du coup, je me pose la question du bien fondé de la démarche du groupe. Etait-il judicieux de proposer des réenregistrements de morceaux vieux d’il y a trente ans qui n’ont pas franchement marqué les métalleux à l’époque ? Soyons honnête : si ces morceaux avaient été excellents, nous aurions tous entendu parler de Oz depuis longtemps. Ou alors le groupe ne voulait pas présenter un simple EP de cinq titres pour son retour et a préféré compléter l’album avec six réenregistrements. Soit. Mais du coup, l’ensemble tient moins debout. Mauvais choix, il me semble.
Un album bancal donc. Oz tente son retour mais ne met pas toutes les chances de son côté. Il faudrait très vite un autre album avec des titres de la trempe de Dominator ou Enter Stadium pour être rassuré. En attendant, je ne suis pas sûr que Oz fasse se lever les foules avec cet album. Bien sûr, je peux me tromper…
Tracklist de Burning Leather :
01. Dominator 02. Search Lights 03. Let Sleeping Dogs Lie 04. Fire in the Brain 05. Seasons in the Darkness 06. Turn the Cross Upside Down 07. Burning Leather 08. Gambler 09. Enter Stadium 10. Total Metal 11. Third Warning
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