Groupe légendaire au destin tragique, voici Pantera. On peine encore à
savoir la popularité de ce groupe dans les années 90. Ce The Great Southern Trendkill
est le quatrième volet d’un impressionnant cycle de quatre albums avecCowboys From Hell, Vulgar Display Of Power et Far Beyond Driven tous produits par l’impeccable Terry
Date. Sortir quatre disques de ce niveau en six années reste une performance
remarquable. Pantera avait bien quatre albums dans les années 80, tous
orientés Hard FM. Pour être honnête, je ne les ai jamais écoutés mais
n’en ai ni jamais eu franchement l’envie ni reçu le conseil de me pencher dessus. Les
frères Abbott (rappelons à toutes fins utiles que Dimebag Darrell
et Vinnie Paul l’étaient) avaient commencé comme grands
fans deKiss et autreMotley Crue avant de basculer vers un groove metal qui marquera
durablement les années 90, surtout aux USA. Au pont de faire de Pantera un
groupe majeur qui a encore ses fans absolus.
Alors à son sommet, Pantera propose ce The Great Southern Trendkill
qui démarre brutalement avec un cri bien agressif du très doué mais hautement
torturé Phil Anselmo et un tempo ultra rapide. Ce démarrage, en forme de
gros f... adressé à l’industrie du disque, impressionne franchement. Imaginez juste
la personne qui chez son disquaire se passe le disque au casque pour découvrir (oui on faisait
ça dans les années 90 !) !! Je vous dirai que ça a dû s’arracher les
cheveux chez la maison de disques mais ce disque s’est bien vendu, Pantera
sillonnant les routes inlassablement mais non sans fracas. Sérieusement, il fallait se
voir les vidéos de tournée du groupe entre décadence et délires
alcoolisés permanents (rappelons qu’Anselmo fit une overdose au moment de
la sortie de ce disque et qu’il était alors au fond du trou). Du Jackass
avant l’heure. Même si deux de ces musiciens manquent terriblement, on peut
toujours se consoler en se disant qu’ils se sont bien amusés.
Musicalement, ce gros disque à l’artwork bien inquiétant (et 100% redneck) envoie
vraiment ce groove metal, écrasant. Pour ma part, j’ai toujours trouvé
Pantera un poil trop monolithique avec des titres où la variété
n’est pas la qualité première. Il est vrai que Dimebag était
un guitariste incroyablement créatif (pas étonnant qu’un certain Dave
Mustaine ait voulu le recruter) et sincèrement, l’abattage à la guitare
est hallucinant tant en rythmique qu’en solo. Pas toujours gorgé de feeling mais quelle
puissance, quelle énergie. Les autres membres suivent et assurent la cadence avec brio et
Phil Anselmo est un sacré chanteur. Néanmoins, ça manque de
rebondissement dans la manière de composer mais dans les fait, Pantera, tel
desAC/DC ou Motorhead valaient surtout pour l’aspect live et là,
les texans étaient à leur affaire.
Pour moi, ce disque symbolise la fin de l’âge d’or créatif de Pantera
qui ensuite ne proposera plus grand chose d’intéressant (même si
Reinventing The Steel a ses adeptes) avec un groupe se scindant littéralement entre les
frères Abbott et le duo Phil Anselmo - Rex Brown
alors que tout ce petit monde semblait complètement cramé par un style de vie
quelque peu déviant. La suite sera bien malheureuse avec l’assassinat sur scène de
Dimebag Darrell, les déboires d’un Phil Anselmo alternant
dérapages et périodes plus positives (même si les dernières news sont
plutôt bonnes ce qui fait tout de même plaisir) non sans s’être
pété la voix puis le décès de Vinnie Paul qui attrista
beaucoup de monde. Pantera mérite largement qu’on y revienne. Même
si leur musique demeure un peu répétitive, l’impact du jeu de guitare de
Dimebag Darrell reste immense et le talent du garçon éternel.
Tracklist de The Great Southern Trendkill
:
01. The Great Southern Trendkill 02. War Nerve 03. Drag
The Waters 04. 10’s 05. 13 Steps To Nowhere 06.
Suicide Note - Part I 07. Suicide Note - Part II 08. Living Through Me
(Hell’s Wrath) 09. Floods 10. The Underground In
America 11. (Reprise) Sandblasted Skin