HAHA, de retour aux affaires ! Vous savez quoi ? Facebook n'est pas nécessairement le royaume des chats, des vidéos drôles et des théories du complot. Votre fil d'actualité peut rapidement se transformer, par un habile jeu de "like", en un repaire d'initiés aptes à faire remonter ce qui existe de meilleur dans la communauté métallique. Intéressant, n'est-ce pas ? Et l'avantage quand il s'agit d'underground, c'est que pour une fois le nombre de mentions "j'aime" sur une publication est assez révélateur de sa qualité. C'est donc par ce petit jeu que le nom Psycroptic squattait régulièrement mon écran, aux côtés de Beyond Creation ou Gorod. Et à peine commençais-je à m'intéresser à ce groupe que, PAF ! un album est annoncé !
Me voilà donc face à un groupe déjà riche de quinze ans d'expérience et ayant à son actif une discographie comprenant cinq albums, sans compter le dernier-né et un live. Pour faire dans l'épidermique car je n'ai pas eu le temps d'approfondir totalement le sujet, il y a deux époques clairement distinctes, marquées chacune par la personnalité d'un chanteur différent. Les deux premiers albums (dont le premier n'étant au départ qu'une longue démo) avec le chanteur Matthew Chalk font dans un death technique assez brutal. Le deuxième album est à mon avis le plus intéressant : il est porté par une production plus claire et un vocaliste versatile à souhait. Mais celui-ci sera vite remplacé par Jason Peppiatt, qui continuera dans un style vocal relativement proche sur Symbols Of Failure. C'est seulement avec Ob(servant) que va s'imposer le style vocal qui fera loi jusqu'à aujourd'hui, c'est-à-dire un chant qui ne dépareillerai pas dans un groupe de hardcore.
Nous en arrivons donc, après The Inherited Repression en 2012, à l'album éponyme. Et alors que la qualité est toujours au rendez-vous, l'évolution semble logique : Psycroptic s'avance encore plus dans ses influences hardcore. Cela donne un mélange entre une instrumentation toujours ancrée à ses origines death technique, avec ce que cela sous-entend de riffs alambiqués et de déluges de notes, mais habilement mêlée à un groove typiquement hardcore qui va porter efficacement les hurlements vindicatifs du vocaliste. Sorti du mixer, le résultat est très surprenant pour des oreilles non averties, et je me demandais un peu à quoi j'avais affaire lors des premières écoutes. Difficile en effet de rapprocher le son de Psycroptic de celui d'un autre groupe que je connaisse… Ce qui est plutôt bon signe, l'originalité marque plus les esprits.
Introduit sur quelques notes à la guitare sèche aux accents exotiques, l'album ne tarde pas, dès Echoes To Come, à faire parler la poudre et balancer un maximum d'ambiances. C'est la couleur que conservera l'album tout du long, c'est-à-dire un mélange équilibré entre atmosphères épiques et passages groovy, avec une présence importante de moments où la technique met à l'honneur pléthore de mélodies et riffs alambiqués, se déversant directement de nos tympans aux neurones du circuit de la récompense. La clarté de la production permet à chaque note d'imprimer sa marque dans toute sa brièveté et sa précision et lui permet ainsi de prendre son sens dans le déluge qui l'entoure. Mais ce n'est pas tout le temps le déluge car parfois, les guitaristes se contentent de nous envoyer des pains par gros riffs interposés. L'équilibre, vous dis-je !
A ce stade de leur carrière, il n'est plus nécessaire de parler de confirmation. Psycroptic connaît son sujet et évolue tranquillement. Cet album éponyme n'est donc pas un sixième album, mais bien une suite logique, convaincante et réussie. Vous pouvez d'ailleurs l'écouter dans son intégralité sur soundcloud.
Tracklist de Psycroptic :
01. Echoes To Come 02. Ending 03. A Soul Once Lost 04. Cold 05. Setting The Skies Ablaze 06. Ideals That Wont Surrender 07. Sentence Of Immortality 08. The World Discarded 09. Endless Wandering
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