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Red Harvest
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C H R O N I Q U EMesdames et messieurs, voici l'un des albums les plus terrifiants jamais enregistré sur cette planète. Un chef d'oeuvre noir, quasi inconnu, par un groupe quasi inconnu, un disque divin que seuls quelques initiés ont eu la chance d'écouter. Une bombe atomique sale, lancée en catimini dans un pays paumé, une bombe atomique qui ne détruira d'abord que vos neurones, avant de s'attaquer délicatement à votre âme, la rongeant jusqu'à votre lobotomie complète et que vous soyez rendu à l'état de soumission et d'esclavage absolu, condamné a écouter encore et encore sans comprendre la portée de ce petit bout d'enfer sagement disséminé dans la crasse humaine.
Vous n'êtes toujours pas conscient de la réalité quand débarque le morceau titre. L'intro, longue et déshumanisée, énerve, stresse encore, pour mieux vous retourner et vous aplatir comme une crêpe quand débarque la cavalerie. Et là, à part grandiose et imposant, pas d'autre termes. Ce sont les quatre cavaliers de l'apocalypse qui débarquent sur Terre et notre destin est scellé. La mélodie totalement décalée ne vous semblera pas vraiment de ce monde, soutenue toujours par un son comme plus personne n'aura l'idée d'en faire. Mais là où l'on vire vraiment au génie radioactif, c'est la fin de ce titre. Entre folie guerrière et autisme hautement destructif, ce qui est à priori inoffensif devient rapidement une arme de destruction massive. Junk-O-Rama, taille dans le massif et la démesure. L'apocalype fait rage et ce sont les éclairs d'un Zeus mécontent de s'être fait piquer la place de barbare en chef qui se déchainent sur les têtes des quelques survivants. Tout ce qui émane de ce titre fait appel aux civilisations disparues, nous rappelant que, de toute façon, nous allons les rejoindre en ce jour funeste. Fix, Hammer, Fix est l'hymne sauvage des troupes des enfers en train de réduire à néant ce que nous autres appelions la vie. A priori minime, la violence de ce chapitre vous fera exploser les entrailles et les soldats vainqueurs se réjouiront de pouvoir se nourir de ce qui était anciennement votre corps. The Itching Skull, c'est le tronçonnement de votre âme : alors que nous, êtres humains, ne voyions pas la manière de séparer l'âme du corps, eux soldats des enfers connaissent la musique par coeur : extraction d'âme, passage à tabac sévère, puis exécution sans la moindre pitié. C'est la fin, les amis. Death in Cybord Era est là pour vous aider à comprendre. Comprendre que ce qui faisait notre confort matériel a eu notre peau. Comprendre que ce que nous avons créé peut nous exterminer. Comprendre que la race humaine n'est rien et est vouée à disparaitre. Comprendre que l'absolu nous est interdit et que seul l'esclavage peut constituer notre salut. Le jugement dernier était un leurre, dieu n'existe pas, satan non plus, nous sommes les victimes d'un vaste complot. Oui, ça y est, la vérité nous apparait. La technologie nous exterminera. Nous ne faisons pas le poids. Et à mesure que vous comprenez cela, votre monde sombre dans le chaos et le néant. La fin de Death in Cybord Era sera celle de votre monde, tandis que dans le brouillard noir du néant s'en vont les troupes de l'apocalypse, les rares agonisants pourront les regarder partir en laissant derrière eux une race éteinte, rasée de l'histoire de cette planète, qui deviendra une légende ou un mythe pour les générations à venir d'une autre galaxie. Regardez s'éloigner ce navire incertain qui s'en va mettre fin a bien d'autres vies. Et un flash illumine soudain la planète, Move or be moved, en forme de leçon donnée, de morale de l'histoire : la vie ne décide pas, il n'y a que la mort qui ait ce pouvoir. Fin de l'histoire. Voilà l'expérience Red Harvest. L'expérience Cold Dark Matter. Une expérience dont vous reviendrez changé à jamais. Ce chef d'oeuvre intemporel (il a douze ans et est toujours avant gardiste) est le secret le mieux gardé du royaume du Nord. Red Harvest signe ce qui pourrait bien être la bande son idéale de la fin du monde, une fin sale, hallucinée et qui ne laisse aucun espoir pour un happy end. Un disque d'une vérité percutante et assommante, un disque d'une cruauté choquante. Un disque d'une classe rarement vue à ce niveau de jeu là. Un disque ni indispensable ni obligatoire. Un disque vital. Bienvenue dans un cauchemar sans retour. Tracklist de Cold Dark Matter :
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