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Root
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C H R O N I Q U E
Il est toujours utile que les labels, lorsqu’ils envoient leurs sorties, nous fournissent une biographie du groupe. Cela permet généralement d’en connaitre un peu plus sur leurs petits protégés. Agonia Records va plus loin, il transmet aussi les arguments chocs qui font que le nouvel opus est un achat obligatoire. Ce n’est pas plus mal car parfois… il faut de l’aide pour en trouver. Root est un groupe de la République Tchèque et sort Heritage Of Satan, son neuvième (!!) album, très attendu par… je ne sais pas qui en fait. Première chose : Root a été formé par le fondateur de l’église de Satan en Tchécoslovaquie. J’en déduis donc que l’atmosphère sera sombre, ce ne sera pas un Tchèque en blanc (ça c’est fait). Le leader s’appelle Jiri BigBoss Valter. Autant mettre dans son nom qu’il est le chef, c’est beaucoup plus simple comme ça. Et Jiri a des amis qu’il invite gentiment à beugler ou jouer : Blasphemer (ex-Mayhem), Nergal (Behemoth) et Erik Danielsson (Watain). Autrement dit, la fine fleur de la poésie du XIXème siècle. Dernier argument : le disque est la priorité d’Agonia Records qui n’aura jamais aussi bien porté son nom pour le coup. Et là où je m’attends à écouter une boucherie black, je commets une belle erreur. Root lorgne plutôt sur un black’n'roll. Les quelques éléments black se font rares. Mais surtout, la particularité, c’est la théâtralité du BigBoss qui déclame la majeure partie de ses textes, qui ne sont que des incantations envers son chef, Satan. Autant dire que cela ne rigole pas mais cela à un avantage, celui de se concentrer sur la musique. Et là, c’est le drame. Car la production, ce n’est pas la même que Behemoth. Mais surtout, c’est franchement pas terrible. BB attaque fort avec une introduction de cinq minutes (Introprincipio) où il exprime sa joie de vivre sur fond de clavier. Si le but était d’instituer une ambiance pesante, c’est raté. La musique d’arrivée de la soucoupe de La Denrée dans La soupe aux choux m’impressionnait plus. Et boum, BB nous balance un black'n'rock tout ce qu’il y a de plus banal, hyper pataud. Tout juste peut-on entendre un premier solo intéressant sur Legacy Of Ancestors. Ça ne prend pas ? Alors Re-boum, un peu d’électro sur Revenge Of Hell, les jeunes aiment bien. Dommage, si le début du morceau est prometteur, la fin se noie dans un délire acoustique bizarre autant qu’étrange. Mais BB ne s’arrête pas là. Alors Sur-boum, fini le rock, on balance un peu de blaque metole avec Darksome Prophet et Fiery Message. Mouais, pas trop mal mais un peu mou du genou. Et pendant cela, il déclame avec force conviction et bruitages incongrus. Malheureusement, lorsqu’il invoque Sathanas, je m’attends plus à voir Diabolo que le grand cornu. Mais au moment où l’on s’y attend le moins, Root propose un titre intéressant, His Coming, passant du doom au black et dont la théâtralité ne passe pas si mal. Vous l’aurez compris, je n’ai trouvé qu’un intérêt que très relatif à Heritage Of Satan. Je ne prends aucun plaisir à détruire un album car il y a malgré tout un travail derrière. Mais vu le nombre important de sorties dans le style, autant ne pas se tromper. Quatre ans d’attente pour pondre ça, je n’ose croire que BB ne joue que sur sa notoriété pour refourguer sa camelote ? Ah, si ? Ben sans moi alors. Dernière chose : je suis heureux de ne pas avoir fait la traditionnelle blague de Satan l’habite. La littérature française est sauvée.
Tracklist de Heritage Of Satan : 01. Introprincipio Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
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