|
|||||||||||||||||
Ruined Soul
|
C H R O N I Q U E
Aïe aïe aïe, amis métalleux, aïe aïe aïe ! Nous voilà ici avec un album qui oscille entre deux voies, ne sachant où se diriger. Sachez tout d'abord que ce groupe est celui d'un seul et même homme, en la personne de Jonnhy Johansson, qui s'occupe des guitares (lead, rythmique et basse). Celui-ci a donc fait appel à quelques invités pour lui filer un généreux coup de main derrière les fûts et le micro. C'est ainsi qu'on se retrouve avec des zicos qui, clairement, maitrisent leurs instruments. Les fûts sont martelés à un rythme métronomique, et comme souvent dans ce genre, dépourvus de la moindre once d'humanité (entendez par là que le jeu manque de groove et sonne presque "boîte à rythmes sohistiquée"). Le chant alterné -ou parfois doublé en studio- black/death apporte un peu de puissance et se montre intéressant. Mais là aussi c'est trop stéréotypé et déjà-vu pour prétendre être réellement efficace. Je ne m'attarderai pas sur le jeu de basse, tant celui-ci est quasi-inexistant (sauf sur My dying days, où elle créé une sorte de (légère) distorsion rythmique), comme hélas nous le constatons trop souvent dans le death mélodique suédois. Le réel intérêt de cet album réside dans ses guitares, qui se livrent parfois à des soli intéressants (comme sur Rewind où il dure près d'un minute), ou même des passages groovy bien comme il faut (le pont de Bleeding) et apportent de la fraîcheur et de la tonalité à cet album qui en souffre cruellement. Oui, cet album manque de fraîcheur, car au bout d'un quart d'heure on commence à se demander si « ça va changer un jour » (le riff de Bleeding (sixème titre de l'album, tout de même) est très proche de celui de My dying day (qui est le premier morceau)), on attend ce petit coup de slap ravageur qui va (faire) exploser l'album et nos oreilles, cette petite envolée rythmique qui va nous captiver et nous faire accrocher jusqu'au bout. Mais cela n'intervient qu'à trop petites doses pour être vraiment efficace (le riff de Tears of guilt, qui, bien que répétitif, est prenant). L'autre reproche que l'on pourra faire à cet album est sa trop grande distance par rapport l'auditeur (c'est une image bien sûr !). L'absence (ou presque !) de basse éloigne l'auditeur de la musique. On prend certes du plaisir à écouter, mais on n'est pas...disons...comme envoûté par une force mystique qui prolonge le plaisir au-delà de quelques écoutes, or c'est généralement ce que l'on attend. On se dit « ah ouais, ils sont pas mauvais les musiciens », mais au final il n'y a pas de réelle plongée possible au coeur de l'album, qui finit petit à petit par devenir un bourdonnement mélodique, qui résonne dans nos oreilles, et n'a pas l'effet « entraînant » que l'on attend d'un album de death mélodique.
Attention cependant. J'ai l'air de descendre cet album, mais finalement je lui ai mis une note correcte. Disons que c'est parce que le tout ne s'enchaîne pas trop mal. Certes, c'est stéréotypé, c'est déjà-vu, c'est tout ce que vous voulez, mais ce n'est pas réellement mauvais. On sent une certaine débauche d'énergie (ou plutôt une débauche d'énergie certaine), et la courte durée de l'album (comptez une quarantaine de minutes) nous permet de ne pas trop se lasser (si cet album avait duré plus d'une heure il n'aurait pas vraiment mérité cette note); lassitude qui est parfois effacée, comme je l'ai déjà dit, par les guitares lead et rythmiques qui, quand elles s'associent à un jeu de batterie intéressant (Inner Peace) ou se livrent dans des soli du plus bel effet (Rewind), deviennent géniales et vraiment trippantes.
C'est donc avec un avis mitigé qu'on sort de cette écoute. D'un côté, les musiciens maitrisent leurs instrus, ils savent ce qu'ils font, c'est indéniable et ça se ressent dans une musique techniquement excellente. Mais d'un autre côté c'est trop stréotypé pour être réellement poignant, pour s'envoler au septième ciel comme on aimerait le faire. My dying days est fort heureusement sauvé par des soli intéressants disséminés ici et là, mais hélas ces soli sont l'arbre qui cache la forêt. My dying days, c'est un peu comme ces soirs où l'on attend vainement de réussir à s'endormir: il y a quelque chose qui empêche de roupiller, et quand enfin on s'envole pour le pays des songes, c'est pour mieux se réveiller en ronchonnant parce que l'on arrive pas à dormir. Et c'est assez frustrant...
|
||||||||||||||||