Artiste/Groupe:

Sabbat

CD:

Dreamweaver

Date de sortie:

1989

Label:

Style:

Thrash Metal

Chroniqueur:

Orion

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1989, une des deux dernières grosses années pour le Thrash (avec la suivante) qui a vu naître le premier album d’Annihilator, l'incontournable Beneath The Remains de Sepultura, les albums d'Overkill, Onslaught, Kreator, Testament, Nuclear Assault, Sodom, Coroner... USA, Canada, Allemagne, Suisse, Brésil, le Thrash s’est démocratisé et nous vient des quatre coins de la planète.
C'est d'Angleterre que nous provient Sabbat. Son second album, Dreamweaver, est un petit concentré d'énergie pure.
Sabbat est le groupe de deux musiciens dont vous avez sans doute déjà entendu parler : Andy Sneap, guitariste devenu producteur renommé (ayant travaillé avec Arch Enemy, Cradle of Filth, Exodus, Nevermore ou Megadeth) et Martin Walkyier, chanteur et co-fondateur de Skyclad et donc, ni plus ni moins, l'initiateur du Folk Metal.

Après une brève intro de circonstance, l'album démarre par une grosse baffe, The Clerical Conspiracy. La voix particulière de Walkyier, qui scande plus qu'il ne chante, donne au groupe un style unique. Les guitares sont abrasives, elles déclenchent des cavalcades frénétiques. La production n'est pas excellente, assez agressive et un peu datée. C'est peut-être ce qui a donné envie à Sneap de s'occuper lui-même des productions à l'avenir. Et ce sera le seul point faible de l’album.
Dreamweaver est un concept album, inspiré du livre The Way of Wyrd de Brian Bates. Et du texte, il y en a ! J'ai rarement vu autant de texte par titre chez un groupe (à part chez Cradle Of Filth, peut-être). C'est bien simple, dans un titre de Sabbat, on a de quoi tailler les paroles pour tout un album de Justin Bieber ;-). Du coup, il n'y a pas franchement de refrains à proprement parler, nous sommes loin du schéma traditionnel couplet-refrain-couplet-refrain-solo-refrain. Et Martin Walkyier démontre à cette occasion qu’il est un chanteur qui a du souffle car pour débiter autant de paroles à un tel rythme, il faut en avoir !
Dès le second morceau, on a droit à un petit intermède acoustique salvateur après une telle intensité (et avant d'y replonger), amenant une petite touche médiévale qui n'est pas sans rappeler ce que Skyclad fera plus tard (l’outro de l’album en est également imprégnée). Et on repart de plus belle avec Do Dark Horses Dream Of Nightmares. Le mot qui définit le mieux le Thrash de Sabbat : intense. Entendez par là qu'il y a peu d'endroits pour reprendre sa respiration, l'espace est bien rempli. Mais les solos et autres breaks, parfois acoustiques, viennent éclaircir ce magma musical. C'est rugueux, ça change de rythme à tout bout de champ, ce n’est pas facile à suivre pour des oreilles non habituées à ce style musical. Les titres sont assez longs (deux dépassent les huit minutes).
En fin de parcours, on trouve un Wildfire, compo avec une structure un peu plus classique et dotée d’un vrai refrain, qui claque comme une bonne gifle. En tout cas, un album à la fois épique et violent comme on n’en avait rarement vu et comme on n’en reverra plus.

Sabbat commençait donc à se faire une réputation plutôt flatteuse en proposant un Thrash Metal sorti des sentiers battus. Mais le départ de Martin Walkyier pour aller fonder Skyclad après la tournée qui a suivi la sortie de ce Dreamweaver a assombri l'avenir du groupe qui ne sortira plus qu'un seul album, carrément moins intéressant (et qui n’apparaît même plus dans la discographie sur le site officiel du groupe, c’est dire…). 
Il est des groupes qui, lorsqu'ils perdent un membre important, ne sonnent plus jamais pareil. Ce fut le cas ici.

 

Tracklist de Dreamweaver :

01. The Beginning Of The End (intro)
02. The Clerical Conspiracy
03. Advent Of Insanity
04. Do Dark Horses Dream Of Nightmares?
05. The Best Of Enemies
06. How Have The Mighty Fallen?
07. Wildfire
08. Mythistory
09. Happy Never After (outro)