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Sarah Jezebel Deva
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C H R O N I Q U EIl est des passés qui nous collent parfois à la peau. C'est le cas pour Sarah Jezebel Deva, qui malgré avoir participé à plus d'une trentaine d'albums différents, avoir créé son propre groupe, Angtoria (qui n'a sorti qu'un album et qui devait en sortir un deuxième, mais le mystère reste toujours entier...), avoir sorti un premier album solo A Sign Of Sublime, on ne présente l'Anglaise qu'en la réduisant pour la plupart du temps à l'ex-voix féminine de Craddle Of Filth. Il semblerait qu'ainsi, beaucoup plus de personnes arrivent à mettre un visage ou une voix sur son nom. Cela changera peut-être grâce à ce deuxième album, The Corruption Of Mercy, qui sort cette fois-ci chez Listenable Records et un an et demi après le précédent. Tout commence avec No Paragon Of Virtue qui rappelle forcément l'opus précédent : même genre d'ambiance, mêmes guitares, le même rythme, un côté Burtonien dans les choeurs et les parties orchestrales. Sarah Jezebel Deva ne semble pas vouloir changer de style, mais la diversité déployée dans A Sign Of Sublime sera-t-elle toujours de rigueur ou la demoiselle s'est-elle concentrée sur une structure de morceau et un univers plus unis ? La réponse est non. La chanteuse et son groupe repartent pour un tour avec la même recette sans une véritable évolution et sans la même flamme qui alimentait le premier album. Un peu moins de recherche aussi, donnant presqu'une impression de linéarité. Pourtant, il y a des titres qui se détachent comme A Matter Of Convenience, sympathique avec une modulation de voix sur le refrain. C'est finalement dans ce genre de titre que la jeune femme se montre la plus convaincante, dans les ambiances gothiques. Silence Please nous emporte avec le côté symphonique, une voix doublée créant un petit côté malsain qui rappelle le premier opus et ses meilleures pistes. C'est avec ce genre de chanson que l'Anglaise et ses musiciens nous démontrent qu'ils ont un réel talent, un côté théâtral qui aurait gagné à être approfondi ou présent sur tout l'album. Une atmosphère que l'on retrouve dans l'instrumental What Lies Before You où le côté symphonique est mis en avant et nous démontre qu'il est l'un des points forts de The Corruption Of Mercy. Et puis il y les véritables faux pas et en premier lieu la reprise de Zombie de The Cranberries... Toucher à une chanson mythique représente toujours un grand risque, Sarah a voulu le prendre, mais ne réussit pas son défi : un morceau plat, mou où l'émotion vocale et musicale n'est absolument pas véhiculée. Sarah perd beaucoup de points en décevant ici alors qu'elle nous avait habitués à mieux comme avec Confide In Me sur l'opus d'Angtoria. La ballade Pretty With Effects n'est pas non plus très convaincante. Il faut dire que si la technique de la chanteuse n'est pas à démentir, on se demande si elle arrive à maîtriser le sujet et sur ces deux morceaux, la réponse semble malheureusement être non. De plus, sur des titres poussifs comme Sirens, la magie dont sait faire preuve Sarah Jezebel Deva s'envole alors que celle-ci s'applique avec sa voix à faire quelque chose d'intéressant. Pourtant sur The Eyes That Lie, la bonne balance est trouvée. Et l'on apprécie toujours autant les différents effets vocaux mis en place, murmures, chant grave, chant plus aigu etc. Mais malheureusement pour elle, le dernier morceau de l'opus, ne convainct pas plus laissant un goût amer et rendant le rendu final décevant. Cela rend parfois les choses incohérentes : comment réussir de bons mélanges sur un titre et ne pas y arriver sur un autre ? Pourquoi une belle technique et pourquoi ne pas maîtriser ce que l'on fait ? Pourquoi sur le premier opus cette multitude d'ambiances fonctionnait et pourquoi maintenant, il semblerait que ça soit plus hasardeux et moins "intéressant" entrainant une lassitude de ne pas avoir quelque chose de maîtrisé du début à la fin ? Tant de questions que l'on se pose en écoutant The Corruption Of Mercy. On attends souvent une consécration, confirmation avec un second album, ici, ce n'est pas le cas. Le premier album avait été contesté, celui-ci le sera bien plus encore. On continue sur la lancée de A Sign Of Sublime, mais sans marquer l'essai, allant presque à reculons dans l'évolution. Sarah Jezebel Deva risque d'être incomprise dans sa recherche artistique et c'est bien dommage. Il semblerait que The Corruption Of Mercy ne la débarrasse pas de son image d'ex-Craddle Of Filth.
Tracklist de The Corruption Of Mercy : 01. No Paragon Of Virtue Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
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