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Artiste/Groupe:

Savatage

CD:

Madness Reigns From The Gutter (1990)

Date de sortie:

Juin 2026

Label:

earMUSIC

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster of Muppets

Note:

18/20

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La légende Savatage est enfin de retour. Après une vingtaine d’années d’absence, les Américains se remettent à parcourir le monde et reviennent aux affaires. J’aurais tellement aimé que l’objet de cette chronique soit un nouvel album studio ou, à la rigueur, un live d’une période non couverte par le passé (car oui, le Ghost In The Ruins - ou Final Bell, titre du pressage japonais - proposait déjà des extraits des tournées Hall Of The Mountain King et Gutter Ballet) mais ça viendra, je ne vais pas cracher dans la soupe pour autant. Et cela pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que Savatage n’avait sorti que deux albums live jusqu’à présent. Ensuite, parce que celui-ci, contrairement au Ghost In The Ruins évoqué ci-dessus, est l’enregistrement complet d’un concert et non une compilation de plusieurs shows répartis sur des années différentes... et enfin, parce qu’il est mieux produit et bien plus exhaustif (une double galette - triple en vinyle - avec dix-neuf compos contre onze la dernière fois... certes, il y avait bien treize pistes mais je ne compte pas l’intro à la guitare précédant Hall Of The Mountain King ni le court instrumental Post Script à la guitare sèche qui clôturait le disque). Donc oui, il y a de quoi se réjouir !

Et cela se confirme dès les premières minutes de ce Madness Reigns From The Gutter. Le groupe est en feu, l’ambiance est électrique. Je ne résiste pas à l’envie de vous glisser tout de suite un extrait audio, White Witch, deuxième missile de la tracklist - après un City Beneath The Surface introductif imparable - pour que vous compreniez bien de quoi je parle. Vous entendez le public en liesse ? Un Jon Oliva possédé ? La section rythmique implacable de Wacholz et Middleton, les guitares affutées et virtuoses de Criss Oliva et Chris Caffery ? C’est bien simple, ça défonce tout. Rien à redire. Ce live va permettre à ceux qui ne connaissent pas bien Savatage et le confondent avec sa transformation en Trans-Siberian Orchestra de constater qu’à la fin des 80s, il pratiquait un heavy puissant, racé et sacrément énergique ! 

Même si une tendance épique et opératique s’insinue ici et là (avec des titres comme Temptation Revelation, When The Crowds Are Gone ou Gutter Ballet) - logique, il s’agit de la tournée Gutter Ballet, album qui amorce la mue de Savatage, son orientation vers la seconde phase de sa carrière avec plus de mélodie, de piano, moins de rage - le propos reste remuant, très metal. Ce ne seront pas des brulots comme She’s In Love, Legions, 24 Hrs Ago, The Dungeons Are Calling, Holocaust, Sirens, Power Of The Night ou Devastation qui viendront contredire ce constat. Les différentes facettes de cette formation sont représentées ici et, à l’écoute de ce live, j’en viens encore à me demander comment il est possible que Savatage ne soit pas devenu plus énorme. Avec un chanteur habité (Jon s’égosille comme un damné ici), un guitariste surdoué (on parle beaucoup de Randy Rhoads, Malmsteen, Van Halen et quelques autres quand on se réfère aux 80s... Criss Oliva mérite largement de figurer à leurs côtés, ce mec était un génie) et un talent d’écriture propre à susciter la jalousie chez bien des concurrents... Bref, voilà un chapitre de choix dans le grand livre des mystères et injustices de la vie. 

Des bémols ? Pas vraiment. Mis à part que oui, on avait déjà Ghost In The Ruins qui couvrait cette période (ainsi que Live Devastation, objet promo rarissime d’un live prévu dans les 90s mais qui n’a finalement jamais vu le jour), il y a donc comme un petit effet de redondance et j’aimerais bien entendre des concerts d’autres tournées (Streets, Edge of Thorns, The Wake of Magellan...). Mais franchement, comme dit plus haut, Madness Reigns est plus complet et mieux produit que son prédécesseur avec un son bien live, soigné mais pas trop propre non plus... il capture bien l’énergie et le côté brut de la prestation (jolie section rythmique notamment, Middleton doit être content car on entend très bien sa basse) même si j’aurais bien aimé que la guitare d’Oliva (et celle de Caffery aussi, tant qu’à faire) soit encore un chouilla plus boostée dans le mix. Bref, l’ensemble est excellent et se présente donc logiquement comme le meilleur live sorti par Savatage à ce jour.

Madness Reigns From The Gutter, c’est une heure trente de live intense voire magique, un groupe au sommet de son art avec un condensé du meilleur de ce que Savatage avait à offrir à l’époque (pas un titre à jeter parmi les dix-neuf proposés ici !). Je ne vois franchement pas quel défaut lui trouver, la production est de qualité, l’interprétation habitée et puis... la classe de Criss Oliva, quoi. Je sens que je me répète... il serait sans doute plus avisé de conclure : ce double live est une pièce indispensable que tout fan du groupe ajoutera à sa collection sans avoir à le regretter ne serait-ce qu’une seconde. C’est également un très bon moyen pour les retardataires de se rattraper et se rendre compte à côté de quoi ils sont passés pendant tout ce temps. Je rêve que les Américains puissent, dans les années à venir, déterrer, dépoussiérer (et nous offrir) d’autres archives de ce calibre...

Tracklist de Madness Reigns From The Gutter :

CD 1 :
01. City Beneath The Surface
02. White Witch
03. Of Rage And War
04. She’s In Love
05. Mentally Yours
06. 24 Hrs Ago
07. Legions
08. Strange Wings
09. Hounds
10. Temptation Revelation
11. When The Crowds Are Gone

CD 2 :
01. The Dungeons Are Calling
02. Holocaust
03. Sirens
04. Power Of The Night
05. Hall Of The Mountain King
06. Gutter Ballet
07. Thorazine Shuffle
08. Devastation
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