Vous êtes peut-être passés à côté de Schammasch l’an dernier. Il est donc temps de se rattraper avec la réédition de leur premier opus intitulé Sic Lvceat Lvx, initialement sorti en 2010. Je vous dis ça mais j’étais moi-même plutôt sceptique à l’idée de chroniquer cet album. Contradiction avait laissé une telle marque dans mon esprit que passer aux anciens me faisait un peu peur. Peur de tomber sur quelque chose de médiocre, peur d’être déçu, peur d’un projet aux relents marketing et promotionnels.
Mais voilà, force est de constater que mon intuition de départ était fausse, et largement biaisée. Sic Lvceat Lvx s’est révélé être un album fort intéressant. Evidemment, ce qui marque d’emblée à l’écoute, c’est la grande évolution de Schammasch au cours de ces quatre années qui séparent les deux opus. Il n’est pas question de dire que l’évolution est qualitative (sauf dans la production), mais plutôt qu’elle s’est faite dans la recherche de la singularité musicale. Sic Lvceat Lvx était un album très orthodoxe, Contradiction s’en émancipe ensuite assez largement, en s’inspirant de styles comme l’ésotérisme et le Black Metal occulte.
Pourtant Sic Lvceat Lvx n’est pas purement et simplement « orthodoxe ». La voix exceptionnelle de Chris est déjà bien présente et nourrie l’album de sa puissance invocatrice, d’un bout à l’autre des sept pistes qui composent celui-ci. La graine du « sacramental », tel que développé par la suite, est donc déjà en germe...
Ensuite, il faut noter que les pistes ne s’allongent pas comme dans Contradiction, car seule une arrive aux alentours des dix minutes. Cela permet d’apprécier la musique de Schammasch complétement différemment. Les Suisses semblent vouloir aller droit au but, dans l’efficacité mais également dans la puissance. Ce qui permet de profiter d’un tout autre registre, plus direct, concis mais toujours aussi complexe et authentique.
En rééditant Sic Lvceat Lvx, le groupe a aussi changé la pochette de l’album qui s’inscrit désormais graphiquement dans la lignée de Contradiction, ce qui se comprend aisément après ce qu’on vient de dire sur la proximité musicale des deux opus.
Sic Lvceat Lvx dispose d’un son différent de celui de Contradiction, plus direct, plus franc mais déjà dans la puissance et l’invocation à caractère sacramental. La "mystique suisse en sandales" (Cf. live report) est déjà en marche en 2010, et réécouter Sic Lvceat Lvx permet de s’en rendre compte tout en profitant d’un Schammasch peut-être aussi plus facile d’accès et plus efficace que ce qui suivra...
Tracklist de Sic Lvceat Lvx :
01. Lvx Aeterna 02. He Whose Face Is Made Of Entrails 03. Chaos Reigns 04. No Light From The Fires 05. Black But Shining 06. INRI 07. The Venom Of Gods
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