Sexysect

Artiste/Groupe

Sexysect

CD

How To Destroy The Universe

Date de sortie

Mars 2013

Label

Non signé

Style

Metal Industriel

Chroniqueur

Lurk

Note Lurk

15/20

Site Officiel Artiste

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C H R O N I Q U E

Quand on parle de metal industriel, les premiers groupes qui me viennent à l’esprit sont Rammstein et Oomph, et il ne me vient pas forcément à l’idée que des ambiances totalement différentes puissent être partagées par ce genre musical. Et c’est pourtant le pari réussi par Sexysect. Fondé en 2012, le groupe fait preuve de beaucoup de maturité et se détache déjà de la masse, avec un son et des ambiances que je n’avais jamais entendues jusqu’ici !

Eschatological Vision commence par nous mettre la puce à l’oreille. Un synthé lugubre introduit le morceau puis la voix de Frauste, qui est également à la basse, fait son apparition. C’est ici qu’est la première surprise car le chant navigue à la marge des groupes que je suis habitué à écouter : ni grunts qui tâchent, ni chant clair, pas de hurlements. Juste une voix forcée et très filtrée, de telle sorte qu’elle paraît lointaine mais est pourtant parfaitement égalisée avec les autres instruments. Chaostate va lui poser la base de ce qu’est le son de guitare du groupe : massif, très profond et surtout grave. Tout cela était bien sûr présent sur le premier morceau, mais l’accélération du rythme et la plus grande mise en valeur de la guitare le font remarquer sur ce morceau. Et quand je dis grave ce n’est pas pour rien, les fréquences des synthés et des sons sortis par la guitare sont tellement bas que c’est de là que provient la sensation de son « lointain ». Pour preuve, Pulse Face Control, dont l’introduction est plus dans les aigus, paraît immédiatement plus proche. C’est bien l’une des petites choses que l’on peut reprocher au groupe, de jouer trop bas… Tant que je suis sur les défauts, il y a une impression diffuse tout au long de l’album que les morceaux ne commencent jamais vraiment, ils nous laissent dans l’attente de quelque chose. Peut être une accélération ou des lignes mélodiques plus présentes. Car le plaisir retiré de l’écoute de cet album vient plus des ambiances « matrixiennes » développées, que des riffs, simples et répétitifs (mais propices au développement de ladite ambiance).  Democracy en rajoute une couche et nous met la cervelle et les tympans en bouillie à coup de basses synthétisées surpuissantes. Bulimic Empire est le morceau qui me fait mentir avec l’apparition de hurlements qui se rapprocheraient de ce qu’a pu faire Wednesday 13 (de loin). Obsession m’évoque quand à lui du Rob Zombie par certains de ses aspects, tout comme les premiers riffs de Eviltech, seul morceau où la basse sera clairement audible et où Frauste se dégourdira les doigts dans un break assez jouissif. Les trois derniers morceaux continuent sur la lancée influée par les précédents, toujours avec ces instruments sous-accordés, ces rythmiques martiales et carrées (jouées par le batteur S.A.D.E, qui n’est nul autre que notre collaborateur Florentv) et ces quelques mélodies placées ça et là, qui évitent toute monotonie aux morceaux. Pour finir, nous sommes gratifiés d’un bonus track plus explosif que la moyenne de l’album avec quelques paroles en français, ce morceau était le meilleur moyen de finir en beauté ! 

En conclusion, c’est un premier album tout à fait remarquable de la scène française, qui ose sortir des sentiers battus sans pour autant être un gros trip expérimental à la Pryapisme. On pourra regretter que les morceaux manquent de punch, et pour ce qui est du son, on peut considérer que c’est la marque de fabrique du groupe… C’est en tout cas un groupe que je n’oublierai pas car il a vraiment sa patte personnelle et finalement, voilà ce qui compte !

 

Tracklist de How To Destry THe Universe :

01. Eschatological Vision
02. Chaostate
03. Pulse Face Control
04. Democracy
05. Bulimic Empire Feat.XXVII Ersatz
06. Obsession
07. Eviltech
08. When The Order Collapse
09. Make It Happen On Purpose
10. G.P.R.
11. Again and Again

 

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