BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Derrière le nom de St Negus se cache Nagui Mehany. Si ce nom n’éveille pas de souvenirs au premier abord, c’est que c’est avant tout un musicien de scène, donc un peu en retrait des lumières, mais qui peut s’enorgueillir de plus de douze années de tournées et autres collaborations. Certains ont pu déjà l’applaudir quand il accompagnait Dust Lovers avec lesquels il s’est produit deux fois au Hellfest, c’est déjà pas rien non ? C’est donc maintenant en solo qu’il apparait sous le pseudo St Negus, littéralement « roi des rois » en éthiopien, pour nous cueillir avec un mélange de metal et de culture africaine qu’il renferme dans son tout premier EP.
Dès l’entame de Shanghai, on constate que le son de St Negus lorgne vers un Lenny Kravitz, mais dopé aux amphet’ avec sa guitare saturée et beaucoup plus lourde. C’est très mélodique avec un chant clair qui vient modérer un peu le propos, mais la puissance est partout sous-jacente et embarque l’auditeur dès ce premier titre qui risque fort bien d’en surprendre plus d’un. Pour une entrée en matière ça décoiffe.
Ça enchaine avec Gold Veins avec un phrasé presque rappé (presque j’ai dit), le rythme est plus saccadé et fait penser par moments aux Red Hot Chilli Peppers. Pourtant St Negus apporte toute sa singularité, sa puissance et sa patte sur ce titre concis qui ne laisse pas respirer. Dès l’intro de Mumathil, St Negus va conserver ce son si particulier avec ces guitares acérées et tranchantes. Le chant en arabe s’accorde parfaitement sur ce son abrasif et rugueux et offre une palette supplémentaire au travail de St Negus. C’est brillant il faut le reconnaitre, mais surtout et encore d’une rare puissance.
Avec Gems c’est plus metal prog’ que le reste de l’album, mais tout aussi bien fichu. Un choc cosmique entre puissance et atmosphérique, et Shihab qui suit reprend peu ou prou les même codes que Gems, mais en plus lourd, plus lent, plus atmosphérique. Un final qui embarque l’auditeur très loin dans l’introspection, la réflexion, dans l’univers St Negus pour la faire courte.
En cinq titres St Negus nous plonge dans son univers si particulier aux frontières de plusieurs cultures, mais tout en ramenant l’ensemble sur un son mastoc, truffé de guitares et de batterie. Rien n’est laissé au hasard, chaque morceau transporte l’auditeur, les amateurs de heavy comme de metal progressif. Dès son premier EP, St Negus tutoie les sommets et il serait fort dommage de passer à côté de cette découverte dont peu en sortiront indemnes.