C H R O N I Q U E
Steelwing est un groupe suédois de "Revival Metal Eighties" (ne cherchez pas, je viens de l'inventer) qui a sorti il y a deux ans un album honnête à défaut d'être original, Lord of the Wasteland. Voici donc le second méfait du combo. Première question : pourquoi changer une recette éculée et qui fonctionne ? Eh bien, aucune raison de changer, effectivement, et le groupe reprend où il s'était arrêté avec Lord of the Wasteland. Seconde question : quel intérêt ça présente de refaire ce que d'autres ont déjà fait il y a une trentaine d'années ? Alors là, la réponse est moins évidente et chacun aura sa vision des choses. Pour les membres de Steelwing, l'intérêt est certain. Pour l’auditeur que je suis, ça l’est moins…
Comme à chaque fois avec ce genre d’album, on ne tombe pas d’étonnement de sa chaise en découvrant la musique jouée par le combo. C’est carrément dans les clous, de la musique à la voix en passant par la production. C’est assez marrant d’ailleurs de proposer en 2012 un album qui parle du futur en jouant une musique vieille d’il y a trente ans… Steelwing pousse le mimétisme assez loin car, en écoutant l'album, on a vraiment l'impression d'écouter un groupe de la NWOBHM. Et là, on peut jouer à un jeu rigolo : Tiens, un riff Priestien (Tokkotai) ! Oh, une autre tentative Priestienne (The Running man) ! Et là, des cavalcades Maideniennes (Solar Wind Riders, Zone of Alienation) ! A ce jeu là, ce sont bien Iron Maiden les grands gagnants. D’ailleurs, pour l’instrumental They Came from The Skies, le groupe a carrément pompé un passage du Rime of the Ancient Mariner... Ooooh, c’est pas bô ! Sinon, ils ont aussi d’autres influences. Si, si. Sur Breathless, on notera un riff à la Accept avec un refrain dans l’esprit Mötley Crüe. Sacré mélange ! Allez, une surprise nous attend à la fin de l’album : Lunacy Rising, du haut de ses dix minutes est le titre épique de l’album. Le groupe tente là une originalité. Ah, on me souffle à l’oreille que Iron Maiden en a fait pas mal, des compos bien longues, dans les années 80. Tant pis alors… on aura essayé… Alors, oui, c’est bien fichu. Les gars connaissent leur boulot sur le bout des doigts et l’auditeur qui tomberait sur cet album par hasard sans connaître les illustres aînés cités plus haut trouvera tout cela rudement bien. D’ailleurs, les deux premiers morceaux, Solar Wind Riders et Full Speed Ahead sont efficaces et laissent une bonne impression de départ. Oui mais voilà…
Bilan de l’opération. C’est sympa, il n’y a rien à jeter. C’est pourquoi la note n’est pas si mauvaise, après tout, le contrat est rempli et puis, comme le disait un autre artiste des années 80 (pas Metal, lui) : "quand la musique est bonne"… Mais bon, pourquoi ne pas plutôt retourner écouter les premiers Iron Maiden, les premiers Saxon ou les Judas Priest des années 80. Avec des groupes comme Steelwing, tout le problème est là...
Tracklist de Zone of Alienation :
01. 2097 AD 02. Solar Wind Riders 02. Full Speed Ahead 03. Breathless 04. Tokkotai (Wind of Fury) 05. Zone of Alienation 06. The Running Man 07. They Came from the Skies (instrumental) 08. Lunacy Rising
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