C H R O N I Q U E
Bénissez-moi mon père car j’ai péché ! Oui, je le confesse mon père, j'ai un peu honte sur ce coup-là. J'écoute du Metal depuis le milieu des années 80 et je ne découvre Stryper qu'aujourd'hui. Il faut dire aussi, pour ma défense, que le trip Metal chrétien ne m'a jamais emballé, étant plus attiré par le côté obscur de la force. Je préfère les mecs qui hurlent "Satan" ou "Evil" plutôt que "Jesus Christ"… c’est comme ça. Et puis le look des musiciens qui les faisaient ressembler à des insectes (bah oui, les costumes rayés noirs et jaunes, ça faisait plus penser à Maya l'abeille qu’à un groupe de Metal), je trouvais ça carrément ridicule. Bref, voilà les raisons de mon désintérêt. Mais aujourd'hui, de l'eau (bénite) est passée sous les ponts, les costumes noirs et jaunes se sont envolés (enfin, je crois… ou plutôt j’espère !). Reste le côté chrétien qui m'exaspère, étant foncièrement contre toute forme de religion... Mais ça, je n’aurai peut-être pas dû vous le dire, mon père…
Du coup, j’ai fait pénitence : je me suis écouté deux de leurs albums cultes, histoire de comparer (Soldiers Under Command, 1985 et To Hell With The Devil, 1986). Il est clair que, sans que ce soit la révélation, j’ai entendu là quelques morceaux bien efficaces (Soldiers Under Command, Reach Out, To Hell With The Devil, Sing-Along Song) qui ont dû bien marcher à l’époque. Bon, mais revenons à ce nouvel album. L’art du refrain bien fichu (No More Hell To Pay, Jesus is Just Alright, Sympathy), des mélodies gentillettes qui restent, des solos classieux (Revelation, Saved By Love), Stryper n’a pas perdu la main. C’est clair, on a affaire à un groupe de Hard US qui a de la bouteille et qui sait encore composer des morceaux prenants. Le chanteur, Michael Sweet, a gardé son organe intact et sait toujours pousser de bonnes gueulantes. La foi, ça conserve ! A noter aussi que le groupe est resté le même qu’à son époque dorée (ou plutôt jaune et noire), il est toujours composé des frères Sweet (Michael à la guitare et au chant et Robert à la batterie), Oz Fox à la guitare et Tim Gaines à la basse (même si ce dernier leur a fait une petite infidélité durant quelques années). Bref, un album sans surprise mais dont l’écoute est agréable, pour peu qu’on apprécie le Hard US. On n’évite quand même pas l’écueil de la ballade qui ne sert à rien (avis personnel) avec The One, pleurnicharde comme il faut à grands renforts de "Ouh Ouh Ouh"… Reste que quelques compos sont franchement pas mal fichues, avec des refrains gaulés un peu comme ceux du Bon Jovi des années 80 (Sticks And Stones, Sympathy, Water Into Wine…). Le groupe sait aussi durcir le ton quand le besoin s’en fait sentir (Legacy, Saved By Love, Renewed), tout en gardant la mélodie bien présente. Bien vu ! Mais quand même… Jesus is Just Alright, sérieusement ! Franchement, si on enlève les instruments, la mélodie et les paroles font complètement penser à un chant enthousiaste des églises afro-américaines. On s’imagine bien tous les paroissiens chantant avec un sourire béat en tapant dans les mains. Et puis heureusement que les paroles sont en anglais, je les comprends moins bien. Je crois que la même chose en français me ferait fuir très loin…
Verdict : je ne suis pas devenu fan du groupe, ni adepte du Metal chrétien. En revanche, l’album est bien ficelé et ravira sans aucun doute les amateurs du groupe. En tout cas, je l'ai trouvé aussi bon que les deux classiques cités plus haut. Allez, promis, je m’intéresserai désormais aux sorties de ce groupe et n’en dirai plus du mal. C’est bon, j’ai l’absolution ? En tout cas, j’ai fait ma BA, j’ai écouté assez de bondieuseries pour l’année. Allez, un petit Deicide maintenant, pour rétablir l’équilibre !
Tracklist de No More Hell To Pay :
01. Revelation 02. No More Hell To Pay 03. Saved By Love 04. Jesus Is Just Alright 05. The One 06. Legacy 07. Marching Into Battle 08. Te Amo 09. Sticks And Stones 10. Water Into Wine 11. Sympathy 12. Renewed
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