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SVINKELS
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C H R O N I Q U EAttention prenez garde a vous. Les rappeurs les plus barrés de France sont de retour. Mais ! Du rap sur aux portes du métal ? Rassurez vous, votre chroniqueur préféré n'a pas viré sa cuti en entendant le dernier extrait de Slipknot (vraiment passable), ni même renoncé à percer les secrets d'Enslaved. Mais même s'il faut avouer que le rap n'est pas ma tasse de thé, le Svink, c'est un cas a part. Mélange éternel de Hip Hop, Rap, Electro, et parfois de très grosses guitares, ils ont leur place ici. Troisième album donc. Un concept album, parlant de la nation du Svink, le Dirty Centre. Gerard Baste, Nikus Pocus, Mr Xavier et Docteur Crunkenstein sont les administrateurs de ce croisement mi US mi France profonde. Mélange détonnant niveau sonore. Premier morceau, un morceau guerrier, le club de l'apocalypse, bruitages jeux vidéos sortis tout droit des années 80, flow toujours rassurant, sens des lyrics unique. Première phrase qui tue : "rien a branler des Karchers sortez les canons a bière". L'ambiance est posée. Batterie, tapes dans tes mains à la Queen, Droit dans le mur débarque. Gros son US, ton moqueur, paroles plus féroces, refrain fédérateur, guitares, "décibels coup de boule à la zizou, la France un petit pays rempli de gros cons...". Le Svink s'ouvre, défonce, envoi valser encore plus qu'a l'accoutumée la bien-séance et les habitudes musicales du pays. Petite musique ultra connue, Faites du bruit que ça s'appelle. Pendant ce temps là "c'est Baste qui prépare la sauce des pâtes". Les paroles paraissent de prime abord totalement connes, n'ayons pas peur de la censure ni de la critique, mais c'est parce que les Svinkels, ça se mérite. Pour déguster, en plus de quelques bières il faut bien écouter les lyrics. C'est que ça met de bonne humeur, quand ils sont en forme. Et là, après un discours moralisateur, "du PQ pour mon trou trou". Oui. Il faut l'écouter. A mi chemin entre Fatal Bazooka et Eminem, d'un goût sans équivalent, musicalement novateur, voilà comment faire accepter l'inacceptable. Enorme. Et totalement dégueulasse. La Ferme forge la rencontre. Son US, paroles contemplatives, hommage a Jacques Villeret, vive la France profonde. La Youte, morceau plus indigeste, musicalement banal, se place un ton en dessous. Puis le morceau titre, le travail d'écriture prend tout son sens. Une ode à la voiture que l'on rêve d'avoir quand on a pas le permis, voilà le Svink qui singe la mode Bling Bling et DUB. En plus, voici la meilleure façon de se moquer des rêves des jeunes qui pensent pouvoir devenir les rois du monde. Moralisateur que l'on vous disait. En cours de route le groupe n'oublie pas ses fans, "c'est des cons". "Y'font que d'copier mon disque j'veux mon fric !". La seule question est : premier degrés ou quarantième ? Morceau qui donne plus que le sourire, morceau qui reste dans la tête. Morceau type du Svink quoi. Ultra festifs continue sur la même lancée; terriblement efficace, parfois proche de Krevard ou de Cereal Killer dans un certain esprit critique. Fin dansante, Funk. La Fugue nous compte la fuite de Xanax. Morceau émouvant, qui évoque les morceaux types des films US des années 60, style ceux sur la période des années 30 Al Capone et Cie. La Tour Eiffel, morceau ambiant, assez rebutant, passable, on passe à Tout nu Yo! Morceau qui sent l'été, où le Svink cherche à trouver le sexe d'un travestis brésilien supposé. Morceau soi disant sexy, qui frôle le mauvais goût et se rapproche de Le Svink c'est chic. Le Blues du Toxicomane, tout est dit dans le titre. Retour en force des terribles paroles, et soulignons le, retour des infrabasses, présentes également au début de l'album. Et puis, on ferme. Nikus se fait engueuler et virer du bar où il est, et l'alcool clôt ce crue 2008. Un des sujets de prédilection du groupe, la boucle est bouclée. Fin du concept. Au final que reste-t-il de Dirty Centre ? Un gros mélange de son US et de paroles tour à tour débiles ou profondes comme la France, avec encore une fois des hymnes (le début de l'album, c'est des cons, Dirty Centre) et un putain de disque du Svink qui fera totalement sont office de divertissement de l'été entre deux disques de metal extrême (Obituary version Slowly We Rot-Svinkels-DevinTownsend version Infinity...une saveur incomparable). De toute façon, le Svink, c'est des cons. | ||||||||||||||