C H R O N I Q U E
Le pour : douze morceaux d'une remarquable unité, la voix éraillée de Jeff Keith, une production limpide; le contre : pas de surprise, un traditionnalisme parfois lourdaud, trop propre pour émouvoir...
Tesla devient au fil du temps victime des défauts de ses qualités !
Je m'explique : la cohérence de l'album limite la prise de risque, le chant trace les contours d'un univers borné, le son parfait sous-entend un excès de travail qui bride le feeling...
J'aurais apprécié que les scènes assurées récemment par le combo transparaissent dans cette mouture studio, que le sang neuf apporté par l'arrivée du guitariste Dave Rude se concrétise par des morceaux renouvelant le style, bref que Tesla se lâche un peu, dévoile au grand jour son incontestable potentiel...
Or, rien de tout ça ici : "Forever more" séduit puisque les compos rock, bluesy voire mélancoliques fort bien interprétées aiguisent notre curiosité, nous tiennent en haleine mais à aucun moment parviennent à nous rassasier !
L'écoute est agréable mais il manque le petit truc sans lequel un disque reste banal et ne gagne pas le tître (tant convoité...) d'indispensable à ma discothèque, sans lequel un groupe n'atteint jamais le statut de référence dans son domaine.
Pourquoi Guns 'n roses, Metallica (ou Aerosmith en son temps) ont créé l'évènement à chacune de leur tergiversation (pas seulement musicale...) pendant que Tesla restait éternellement anonyme ? Le savoir-faire de ces musiciens ne fait aucun doute, le plaisir que prend l'auditeur est bien réel mais "Forever more" sitôt bouclé prendra sa place dans la pile des CD à ré-écouter dans un nébulleux avenir...
A quand LE chef-d'oeuvre de nos Californiens de Sacramento ? Décidément pas encore aujourd'hui !
|